‹ Cours théorique et pratique de langue françaiseChapitre 49 sur 479 · DU VERBE. THÉORIE · texte numérisé non relu

DU VERBE. THÉORIE

S 110. VERBES RÉFLÉCHIS. Les verbes énonçant une action, qui, partant du sujet, retombe et se réfléchit sur le sujet lui-même, ont reçu le nom de réfléchis; on les appelle encore verbes /?row.omiwaMa7, parce que dans tous leurs temps ils se conjuguent avec deux pronoms de la même personne : je me, tu te, il se, nous nous, vous vous, ils se.

§ 111. On les divise en essentiels et en accidentels : Les réfléchis essentiels sont ceux qu'on ne peut employer sans l'un des pronoms complétifs me, te,se , nous, vous , se ; tels sont : s'abstenir, s agenouiller, s'emparer, se repentir, se souvenir, etc. La haine s'est emparée de son âme. (Acad.)

§ 112. Les TéMaYûs accidentels sont ceux qui se construisent sans le pronom complétif ; ainsi les verbes transitifs et intransitifs peuvent devenir accidentellement réfléchis :

Vambition se joue de la vie des hommes. (Bossuet.)

Observation. Un très-grand nombre de verbes réfléchis accidentels^ qui, au singulier, sont purement réfléchis^ expriment au pluriel la réciprocité : Cet homme se comprend à peine; ces deux hommes SE SONT toujours COMPRIS, c'est-à-dire, l'un a compris l'autre.

§ 113. VERBES IMPERSONNELS. On désigne sous le nom à' impersonnels les verbes dont le sujet grammatical , il, ne représente ni un nom de personne ni un nom de chose: il pleut, il neige, il tonne, etc.

La foudre ne tombe pas toutes les fois qu'il tonne.

Quelques grammairiens les appellent improprement unipersonnels. Les véritables verbes unipersonnels sont ceux qui ne s'emploient qu'à la troisième personne, mais aux deux nombres, et qui ont un sujet grammatical ; tels sont : échoir et seoir (être convenable}.

Les verbes impersonnels sont ou essentiels ou accidentels; ils sont essentiels quand ils ne s'emploient qu'à la troisième personne du singulier, comme il pleut, il tonne, il faut, etc.; ils sont accidentels quand la forme impersonnelle ne leur est pas propre ; tels sont arriver, dépendre, convenir, etc. :

Il est arrivé de grands malheurs; il dépend de vous que tout se passe bien ; il convient de travailler.

Observation. Quelques grammairiens ont cru devoir suivre la classiticatioD latine et admettre des verbes passifs ; mais je suis aimé n'est pas plus un verbe passif que ^V suis content n'en est un : le participe passé Joint au verbe être est un véritable adjectif qui prend le genre et le nombre de son sujet, comme tout autre qualilicalif ; et ces mots, je suis aimé, fêtais aimé, j'ai été aimé, préseutent dans leur ensemble, non des verbes particuliers , mais des propositions comme je suis malade; j'étais rot; j'ai été mécontent.

DtJ yEBBE. — APPLICATION.

VERBES REFLECHIS. § 110, 111, 112. — 1. Celui qui craint de reprendre les défauts de son ami, s'est emparé d'une profession doiit il ignorait les devoirs. 2. Saturne eut trois fils qui se sont partagé le domaine de l'univers. 3. Abstenons-nous toujours des I plaisirs conpables. 4. Dans l'enfance , tout le monde se donne à nous ; dans la jeunesse, nous nous donnons aux autres ; dans la j vieillesse, nous nous repïoyons sur nous-mêmes. 5. Celui qiii châtie dans la colère, ne châtie pas mais se venge, o. U ne suffit pas j qu'on se repente d'une faute, il faut qu'on la répnre. 7. Les ennemis j se sont enfuis aussitôt que nos troupes se sont montrées. 8. Une j bonne action se passe de confidents ; une mauvaise action ne saurait se passer de complices. 9. Les Égyptiens punissaient de mort j quiconque se parjurait. 10. Les honnêtes gens se lient par les vertus, I le commun des hommes par les plaisirs , et les scélérats par les crimes. 11. Nous nous souvenons plus longtemps des outrages que i des bienfaits. 12. Ahl comment s'est éclipsée tant de gloire? comment se sont anéantis tant de travaux? 13. Tonte la famille s'est agenouillée en pleurant auprès du tertre funéraire.

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