DES LICENCES POÉTIQUES
282, On appelle licences Doéliques quelques dérogations aux règles ordinaires de la langue, dérogations interdites dans ja
prose et autorisées dans les vers. Ces licences poétiques sont très-peu nombreuses.
On peut, en vers, Supprimer l'e f dans des cas très-rares (et même cel mer l’s final,
de encore ; on peut, a ne se foit plus), Suppri-
Quitte 0es bois et : ‘devien,
Au lieu de loup, homme de bien, La Fonraine,
On peut écrire Jj'oublirai, il paira, afin que ces mots puigsent entrer dans les vers. On emploie quelques mots inusités en prose, Comme penser pour pensée.
L’Anglais mélancolique à son ciel chargé d’ombres
Doit des gazons plus frais et des pensers plus sombres, Deuriie,
La seule licence poétique importante consiste dans l'inver. sion.
Lés inversions sont permises dans les vers français ; mais, Pour qu’elles ne produisent pas l'obscurité, l'usage n'autorise que le déplacement des portions de phrases régies pur des Prépositions ; toute autre inversion est interdite, à moine
lee ne soit auss) admise dans la prose,
En gr 2
Que les temps sont changés! Sitôt que de ce Jour
La trompotte sacrée annonçait (e retour,
Du temple, orné partout de festons magnifiques,
Le peuple saint en foule inondait Les portiques ;
Et tous, devant l'autel avec ordre introduits,
De leurs champs dans leurs mains portant les nouveaux fruits,
Au Dieu do l'univers consacraient ces prémices. Racine.
L'usage permet, en vers, de parler à la seconde personne
du singulier aux personnes à qui on s'adresse, quelque élevé que soit leur rang,
Seignelay (1), c’est en vain qu’un ridicule auteur,
Prêt à porter ton nom de l’Ebre jusqu’au Gange, Croit te prendre aux filets d’une sotte louange...
Grand roi (2), cesse de vaincre, ou je cesse d'écrire. BoiLrau.
Solution de certaines Difficultés sur la Mesure.
283. Nous avons dit qu'une des principales difficultés de la versificution française est de savoir quand deux voyelles qui se suivent dans le même mot doivent compter pour deux syllabes, ou n’en forment qu’une seule.
Nous réunissons ici dans un tableau très-court toutes les règles relatives à cette difficulté.
Nous séparons les voyclles toutes les fois qu’elles forment deux syllabes ; nous les laissons réunies lorsqu'elles forment diphlhongue, c'est-à-dire lorsqu'elles se prononcent d’une seule émission de voix et ne comptent dans les vers que comme une seule syllabe, Ainsi au n° 8 du tableau, l'on voit que oe compte pour une syllabe dans poéle, ét pour deux syllabes dans po-ête.
Pour trouver la’solution d'une difficulté, il suffit de chercher les voyelles dans le petit vocabulaire en lettres müjus-
cules placé ci-après, à gauche des explications.