‹ Cours théorique et pratique de style [microforme]Chapitre 214 sur 461 · GENRE · texte numérisé non relu

GENRE

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L'accont ciroonflexe indique ordinairement la suppression A'une lettre. —Ex.: âge, pâte, autrefois «age, paste,

C’est au milieu du xvrrit siècle que l’s a été remplacé par l’accent circonflexe.

3. NOMS PROPRES.—Les noms propres, soit de choses, soit de personnes, ont été, à l’origine, des noms communs.—Ex,: {a Seine (la tranquille), les Marches (les frontières), Germain, Leblond, etc.

Les noms propres de personnes sont, ou des prénoms, ou des noms de famille. Ces derniers rappellent généralement : 1° Un défaut ou uno qualité du corps ou de l’esprit.— Ex. : Lenoir, Petit, Legrand, Gras, ete.—2: Le métier.—Ex.: Perger, Pasteur, Marchand, ete.—5s Le lieu d'habitation.—Ex: Dumont. Durivage, Duval, ete.—-40 Le pays d’origino.—Ex.: Picard, Lebreton, Proveneçal, etc.

4, SIGNE Du PLURIEL.—Les noms latins ont une terminaison différonte, suivant qu’ils sont sujets, compléments déterminatifs, compléments directs ou indirects. C’est la forme qu’ils ont étant compléments directs, forme qui est la plus fréquente, que le français, au x1ve siècle, garda pour ses propres noins. Or, le complément direct se terminant en latin par un s au pluriel, ls devint ainsi le signe caractéristique du pluriel en français,

5. PLURIEL DES NoMS EN ou.—L's du pluriel étant toujours muet, on le remplaçait quelquefois, au moyen âge. paræouz. C’est un reste de cette liberté qui à introduit la bizarreric des noms en ou, terminés les uns par s, les autres par x.

6. PLURIEL DES Noms EN AL.—Jusqu’au xr1° siècle, les noms en «l formaient leur pluriel en as. Ensuite « devint au devant une consonne, et l'on cut des pluriels en aus, puis en aux (note 5). Le pluriel en a/s est donc où un reste de l’ancien langage, ou, pour quelques mots, une application de la règle générale.

î ARTICLE. —L'artiele simple est une altération de l'adjectif démonstratif iitin alle, (ce). Avec la forme de complément, cet adjectif fait lun. d'ou on a tiré Le ; illam (a); illos, illas (les),

Combiné avec de, à, l’article s’est successivement transformé, et l’on a eu «de le,—del, deu, et enfin du ; de même à e,—-al, au ; de les, —dels, des : à les, —als, aux.

L'ancien francais avait encore l’article contracté ès, pour en les, dans les. Onle retrouve dans quelques expressions.--Ex, : docteur ès lettres, pour docteur dans les lettres.

8 GENRE DE L’ADJRCTIF.—Seuls, autrefois, les adjectifs qui ont en latin deux terminaisons, une pour le masculin et l’autre pourle féminin, el eurent deux en français : bonus, bona,—bon, bonne. Les adjectifs qui n'ont, en latin, qu'une forme pour les deux genres, en eurent aussi une seulement en français ; on disait: un grand mur et une grand porte, un home prudent et une femme prudent. Ce n'est qu’à partir du Xive que, par analogio, on & souunis tous Îles adjectifs à une même règle,

9. ALROTIFS PUSSESSIFS.—Au moyen âge, on ne mettait pas mon, ton, son devant un nom féminin ; on élidait ma, ta, sa, comme nous faisons pour l’article /a, et on disait m'âme, t'épée, pour ma âme, ta épée.

On employait indifféremment mien, tien, sien, ou mon, ton, son, et on disait mon père, ou le mien père, Une trace de cet usage nous est resté dans quelques expressions : un tien parent, ce champ est mien, etc.

10. ADJECTIFS NUMÉRAU: .— Autrefois on disait septante, octante, noñante, pour soixante-dix, quatre-vingt, quatre-vingt-dix. On disait aussi trois vingts, pour trois fois vingt, six vinats, quinze vingts. De ces dernières expressions, il nous est resté quatre-vingt.

Les dix premiers adjectifs ordinaux étaicnt autrefois: prime, second, tiers, quart, quint, sexte, octave, none, dime. Quelques-uns de ces mots

8e sont conservés dans certaines expressions: de prime abord, le tiersordre, Sixte-Quint, ete.

11. Pronos INDÉFINIS.—On, vient du mot latin Aomo, homme. L'on, équivaut donc à l’Aomme.

Chacun pouvait être autrefois employé devant un nom ; on disait : chacun an, pour chaque an.

12. VRRBEs.—I1 y a dans la langue française 4,000 verbes sim ples, dont 3,600 en er, 360 en ir (dont 28 ont l’imparfait en ais, au lieu de tesais) 10enoir et en re.

La 1re et la 2e Conjugaison farment de nouveaux verbes, en ajoutant er à un nom,ouir à un adjectif; les 3e et 4e Conjugaisons ne forment point

de verbes nouveaux ; Ce sont les conjugaisons anciennes, ce qui expliaue leurs nombreuses irrégularités.

13. PRÉSENT Er IMPARFAIT.—[L'ancion français ne mettait point d's à la première personne du présent de l'indicatif. Cette règle ne s’est maintenue qu’à la lre conjugsison.

L’imparfait, antrefois, se terminait toujours p

ar os; ce n’est que depuis le xvrrr° siècle qu’il se termine par ats,

L4. FUTUR DES verBes pe LA 3 CONJUGAISON.—Dans les verbes de la 8* conjugaison, c’est l’infinitif du dialecte normand qui à formé le futur ét le conditionnel. Ainsi, dans le dialecte de la Normandie, les anciens verbes français : recevoir, devoir, Pouvoir, voir, etc., étaient : recever dever, pouer, veer, etc. ; d’où se sont formés, par une légère contraction et l'addition de ai, mis : Je recevrai, je devrai, je Pourrai, je verrai, etc. De cette manière s’explique ce que le futur et le conditionnel des verbes de la 3e Conjugaison paraissent avoir d'irrégulier,

15, Coxsuaaison INTERROGATIVE.— Autrefois la 3e personne prenait toujours un +, et l’on disait: Z{ aimet, il vat: mais cette lettre étant muette, disparut peu à peu dans ]a Conjugaison directe, et ne fut conservée que dans la conjugaison interrogative : aime-t-il, va-t-il. C'est donc à tort qu’on appelle euphonique ce t qui, on réalité, faisait partio du verbe dans le vieux français,

16, GENT.— Gens, autrefois, signifiait nation et était toujour.

ours du férmi.

a nie. Peu à peu co mot en Vint à avoir, au pluriel, lo même sens que

hommes, dans que bonnes ge 17. GRA lier, (note de l'ancie voit d’apr etc., et qu

18. Apv ment parl etc., ne s0 que nous d autrefois s ne boit pa:

d'un pas),

À l'orig les poètes venleurs, langue d’ Les uns € leurs peti

Les Tro positions

Les Tro des cheva sont la nier que:

leurs nom:

nous devo gigantesqt une inspir

Enfin le ques ; on.

Pierres pré

It PAS mon, ton,

1e nous faisons

, ta épée.

ton, son, et on nous est resté rien, etc.

e, octante, nox. On disait e vingts. De

rime, second, ns de ces mots bord, le tiers-

omme. L'on, n ; on disait:

simples, dont ieu de tssais)

n ajoutant er orment point qui expliouc

: point d'eà gle ne s’est

e n’est que

rerbes de la mé le futur les anciens nt: recever contraction , Je verrai, tionnel des

renait touettre étant ne fut cont-il, C'est sait partio

8 du fémie

e sens que

hommes, et fut fait ainsi du masculin. Le féminin persista cependant dans quelques expressions usuelles, telles que les vieilles gens, lea bonnes gens, et ainsi on a été amené à formuler la règle actuelle.

17. GRAND.—Dans la vieille langue, grand ne variait jamais au singnlier, (note 8.) Plus tard, il prit les deux genres ; mais quelques restes de l'ancienne règle ont persisté dans certaines locutions usuelles. On voit d’après cela qu’il n’y à pas d’e élidé dans grand'mère, grand'messe. etc., et que par suite on ne devrait pas mettre d’apostrophe.

18. ADVFRBES PAS, POINT, GOUTTE, PTC.—Lo français n’a, à proprement parler, que les négations ne etnon. Les mots pas, point, goutte, ete., ne sont que des substantifs employés adverbialement. De mêmo que nous disons aujourd'hui: Cela ne vaut pas même un sou, on disait autrefois sous forme de comparaison: Z7 ne boit goutte (c’est-à-dire 1/ ne boit pas même une goutte), il n'avance pas (il n'avance pas même d'un pa), sl ne voit point (il ne voit pas même un point).

à II. —De l'Origine de 1a Langue jusqu'à la Renaissance.

A l'origine de la formation de la langue, nous rencontrons les poètes, connus sous le nom modeste de lrouveurs ou invenleurs, qui se transformait en celui de troubadours, pour la langue d’oc, et en celui de frouvères, pour la langue d'oil. Les uns et les autres allaient de château en château, chanter leurs petits poèmes.

Les Troubadours étaient généralement amateurs des compositions légères.

Les Trouvères chantaient des chansons de gestes, ou exploits des chevaliers. Iis ont fait des épopées, dont les plus célèbres Sont la Chanson de Roland et l'Alexandre. C'est de ce dernier que vient aux vers de douze pieds, ou vers héroïques, leurs noms d'alexandrins. C'est à la poésie des Trouvères que nous devons ces innombrables romans de chevalerie, épopées gigantesques, remarquables, sinon par le génie, du moins par une inspiration brillante et une fécondité inépuisable,

Enfin les Jrouvères écrivirent aussi des poèmes didactiques; on eut des satires, dos traités sur les oiscaux nt les pierres précieuses,

REG res

& III. —Des premiers Ecrivains en Prose, VILLEHARDOIN (GEOFFROY DE).— (| 167-1213).

Geoffroy de Villehardoin, maréchal de Thibaut, comte de Champagne, prit art à la 4e croisade. Ne sachant ni lire, ni écrire, il dicto Son /isloire de La Conquéle de Constantinople à l'un de ses serviteurs, Il s'y montre peintre, dramaturge, philosophe, moraliste, politique, ‘© Ce récit, dit Gérusez, est un des plus précieux monument: de notre lillérature…. Ii dit brièvement ee qui importe, ci “'adimel rien d’inutile. 11 à une harmonie naturelle qui satisfait l'orcille et qui plait, comme ces voix bien timbrécs que l’art n'a point encore assouplies,

mais dont toutes los intonations sont agréabies

parce qu'elles sont justes.” JOINVILLE (JEAN, SIRE DE).—(1221-1318.)

Le Sire de Joinville fut aussi l'ami du Comte de Champa- Sue, puis du saint roi I croisade.

Ses Mémoires sur Louis IX sont pleins de naïveté et de charme, € Nous lui devons, dit Château monuments de notre littérature

souis IX, qu'il accompagna à Ja

briand, les premiers ; Comme Je Dante, 1 a 2loril Sa patrie par cet ouvrage à la fois Portrait vivant et st

ati colossale du moyen äye,”

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