‹ Cours théorique et pratique de style [microforme]Chapitre 229 sur 461 · PASCAL (BLAISE).—(1623-1G · texte numérisé non relu

PASCAL (BLAISE).—(1623-1G

À dix-huit ans, Pascal était géomètre consommé. Il révéla son talent dans ses Lettres provinciales, écrites contre les Jésuites en faveur de l'hérésie Janséniste, I1 y discutait les questions théologiques avec une grande élévation de Style, une verve comique qui lui conciliait les csprits, mais aussi avec une excessive violence de passion, Son ouvrage

fut condamné à Rome. Châteaubriand a dit ie mot juste sur

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appelé les Lellres provinciales ‘ d'immortelles menteusoes.” Pascal a été plus heurcux en physique; il a fait d'utiles

découvertes qui Ini font prendre rang parmi les savants.

BOSSUET (SACQUES-DÉNIGNE).—(1627-1704),

dirigé par les Jésuites. Elève laborieux, il avait été désigné par ses condisciples sous le nom de Bœuf accoutumé (Bos suetus aratro).

au joug

A seize ans, il prononça son premicr sermon, en présence de personnes éminentes de Ja cour; c'était le soir, dire à un homme d'esprit ni si tôt, ni si tard.”

ce qui fit : ‘Je n'ai jamais entendu prêcher

Bossuet fit d'excellentes études au collège de Navarre,

Nommé précepteur du Dauphin, il écrivit pour son élève des ouvrages où éclate son génie, plus que la science pratique de l’enseignement. Le maitre faisait tout. l'élève fort

! peu. Le résultat de cette éducation fut médiocre; mais la ; postérilé y a gagné des chefs-d'œuvre, notamment le Liscours sur l'Hisloire universelle.

Bossuet a beaucoup écrit: mais ce qui fait son plus beau Utre à notre admiration, ce sont les Oraiïsons funèbres, où il s'élève % des hauteurs jusqu'alors inconnues, Le qui luia valu le titre d'Aiïgle de Meaux. li était évêque de cette ville.

Son talent ct son zèle l’auraient tait mettre au rang des Pères de l'Eglise, s’il n'eût pris, dans la trop fameuse assemblée de 1682, une attitude qui le fait regarder comme l'un des chefs du Gallicanisme, condamné au concile du Vatican,

Bossuet était d’une grande austérité de mœurs: il n’a cessé, jusqu'à son dernier jour, de se livrer an travail et à l’excrcice de tous ses devoirs. Il se donnait si peu de repos, que son jardinier put lui dire un jour : “ Si je plantais des Saints Augustins et des saints Chrysostomes, vous les viendriez voir; mais vous vous souciez peu des arbres de votre jardin.”

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LITTÉRATURE FRANÇAISE, 181 BOURDALQUE (LouIs).—{1632-1704).

Bourdaloue, jésuite, a été admiré de son siècle et respecté même par les ennemis des Jésuites.

Pour bien caractériser l'impression que faisaient sos discours sur 10 savant auditoire qu'il trouvait à la cour, on l’a appelé le Roi des prédicaleurs et le prédicaleur des rois. li s'exprimait avec une grande liberté sur les désordres de la cour, et rien ne put le déterminer à se départir de cette sincérité,

Le caractère distinctif du Style de cet éminent oratceur est la solidité.

MASSILLON (1.-n,).—( 1663-1749),

Membre de la Congrégation de l’Oratoire, Massillon professa d’abord les belles-lettres, puis la théologie. On ne pouvait mieux se préparer à monter dans les grandes chuires de la Capitale. En 1699, il prêcha l'avent à Ja cour de Versailles; du premicr Coup, il s’éleva au rang des plus illustres Orateurs : “ Quand j'ai entendu les autres prédicateurs, lui dit un jour Louis XIV, je suis fort content d’eux ; mais toutes les fois que je vous ai entendu, j'ai été fort mécontent de moimême,”

Massillon avait tous les dons propres à concilier la bien- Ycillance à un orateur : figure noble, voix pénétrante, majesié simple dans le maintien. Son action, modeste d'abord, S'animail par degrés, ct se conformait auv élans de la pensée,

Ses œuvres les plus remarquables sont le Grand Caréme elle Pelil Caréme On y trouve une Cloquence douce, insi- Nuanle, souvent pathetique, harmonicuse, abondante en développements. Tous les détails sont travaillés avec Île plus grand soin, Les idées les moins Saillantes y sont revélues de tous les ornements et de toutes les grâces du langage, Massillon fut évèque de Clermont.

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