VOLTAIRE (FRANCOIS AROUET DE
Voltaire s'appelait Arcuet : il quitta ce nom après être sorti de la Bastille, prison d'Etat, sur les régistres de laquelie il était inscrit comme condamné pour écrit insolent envers Louis XIV.
Peu après avoir changé de nom, il changea de contrée, et se fixa en Prusse, près de Fréderic II, son admirateur, après avoir séjourné quelque temps en Angleterre, Quand il rentra en France, il s'établit à Ferney, près de Gex, d’où lui est venu le nom de Palriarche de Ferney. 11 avait été élève des Jésuites au Collége Louis-le-Grand; l'un de ses maitres lui avait prédit sa destinée : « Vous deviendrez le coryphée de l'impiété” Prophétie trop bien accomplie,
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Parlant de lui-même et de ses premiers compères littéraires, Voltaire disait : “ Nous ütions un groups de jrunes gens qui ne valions pa : grand'chose, Passant notre temps à peser des œufs de mouche dans des toiies d'araignéce.” Nous allons voir que ces jeunes gens qui ne varient pas grand’chose ne gardèrent pas longtemps cette candeu: inoffensive qui leur permettait de s'arrêter à des puérilités.
Voltaire a écrit la Æenriade, sorte de poème épique, qui est lin d'être un chef-d'œuvre, et la Pucelle d'Orléaus, autre poème épique, dans lequel, après avoir trempé sa plume dans la fange, il souille l'une des gloires les plus pures de son pays, Jeanne d'Arc. D'ailleurs, cette œuvre a été brûlée dans Paris de la main du bourreau.
Ses (ragédies ne s'élèvent guère au-dessus du médiocre, sauf Zaire.
Il a en outre !'Jisloire de Charles XII, le Siècle de Louis XIV, ouvrages intéressants et écrits, le dernier surtout, avec une habile perfidie ; des satires, des cpilres, des épigrammes, etc, pleins d'esprit, de malignilé ct de cynisme.
Il a essayé tous les genres, a réussi quelquefois, mais n’a jamais excellé. Il maniait avec bonheur le mensonge cet l'outrage. Lui, le type des infâmes, ii disait à ceux qui s'étaient fait ses enmplices pour écraser ce qu'il appelait Sacrilégement l’infdme: « Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose.”
Voici les épithètes qu'il jetait à la face de J.-J. Rousseau, qui en avait de semblables à lui renvoyer, assuré que la postérité pourrait reconnaitre que l'un ct l’autre les méritaient, Sans toutefois les proclamer de bon goût: chien de Diogène, singe manqué, Charlatan, trompeur, vain, hasset hargneux, Mutin, cte.” Il avait, au service de ses adversaires, un assortiment d'autres gentillesses du même genre,
Sa nièce, Mme Denis, à pu lui dire sans crainte d'être contredite : 4 Vous êtes le premier homme du monde par l'esprit et le dernier par le cœur.”
“Français, dit M. Chantrel, il se réjouit des défaites de la France pour faire sa cour au roi de Prusse ; philosophe, il
flatta tous les vices et rampa bassement devant les puis sants….. Tel fut cet écrivain, qui mérita d’être l'ami de Fréderic 1[ de Prusse, d'être admiré de Gatherino IT de Russie, d'être protégé par Mme de Pompadour, et qui reste le coryphée et le dieu d’une école incapable d'écrire aussi bien que lui, aussi stupide qu'il était spirituel, mais menteuso et impie comme lui.”
Sa mort fut sans consolation. Tourmenté par le remords, il s’agitait sur sa couche, souffrant par anticipation les supplices de l’autre vie, en appelant un de ces prêtres qu'il avait tant calomniés. Ses amis, si on peut donner ce nom à ses anciens complices, surent le garder d'assez près pour qu'il n’eût pas ce secours et, s’il est permis de se servir de leur argot, ‘ l’empècher do faire le plongeon.”