‹ Cours théorique et pratique de style [microforme]Chapitre 325 sur 461 · LE LIÈVRE ET LA PERDRIX · texte numérisé non relu

LE LIÈVRE ET LA PERDRIX

Il ne se faut jamais moquer des misérables :

Car qui peut s'assurer d’être toujours heureux ? Le liôvre et la perdrix, concitoyens d’un champ, Vivaient dans un état, ce semble, assez tranquille, Quand une meute s’approchant Oblige le premicr à chercher un asile :

Il s'enfuit dans son fort, met les chiens en défaut, Sans même en excepter Brifaut, Enfin il se trahit lui-même Par les esprits sortant do son corns échaufré, Miraut, sur leur odeur ayant philosophé, Conclut que c’est son lièvre, et d’une ardeur extrême Il le pousse : et Rustaut, qui n’a jamais menti, it que :e lièvre est reparti.

Le pauvre malheureux vient mourir à son gîte. La perdrix lo raille, et lui dit :

“Tu te vantais d'être si vite!

Qu'’as-tu fait de tes pieds ? ” An moment qu’elle rit, Son tour vient : on {n trouve. Elle croit que ses ailes à Sauront garantir de toute extrémité ; Tais l4 pauvretto avait compté Sans l’autour aux serres cruelles. La Fonrarnr.

EXERCICE oRAL : Répondre aux questions (V.ex. oral, p. 257). Devos Écrrrs, Le Traduire en prose le texte donné ; 2 lédiger un récit analogue sous ce titre :

La Violelle et la Rose.

Canevas.—La violette et la rose Sont voisines... Une troupe d'enfcuis arrive. La violette se cache..., mais son parfum la trahit... ; elle est Cueillie,

La rose se moque de la modestie de sa sœur... Un enfant l'aperçoit… Elle croit que ses piquants la défendront.… 1] n'en est rien,

, Conseils : Suivre DAS à pas ce que l’on dit du /ièvre et de la perdrie »

imiterles formes de langage ; ne changer que les expressions que la différence des situations impose.

EXERCICE DE SYNONYMIE, (De l'intempérance.)

L'élève remplacera les mots en ilalique par leurs synonyMmes, de manière que le sens soil le moins possible alléré.

Lorsque l'âme est trempde dans lo vin, dit Sinèyna, ea Purets est corrompus; elle doit demeurer sèche pour rester Vierge, C'est une glace dont l'éclat est terni par les vapeurs

impures du vin. La plupart des ivrognes sont slupides : ils ne se rappellent pas plus, le lendemain, ce qu'ils ont fait Je jour précédent, que s'ils avaient complélement perdu la mémoire et le bons sens. Il n'y a presque pas de diflérence centre un homme ivre et un homme mort : le corps de l'un est dans une bière, l'espril de l’autre est dans son corps comme dans un cercueil. L'un est dépourvu de sentiment, parce qu'il n’a plus d'âme: l’autre & enccre la sienne, el cependant il est insensible. Tous ceux qui se. livrent à l'ivrogncrie sont paresseux : ils se lèvent tard, parce qu'ils ne dorment jamais d’un sommeil paisible ; toujours agités par uno digestion difficile, ils ont des songes efrayants. Pittacus décréla que les ivrognes coupables de quelque faute devaient être punis doublement : une fois our la faute même, et une autre fois pour l’ivrognerie, qui conduit à tous Je excès, à tous les crimes.

Lecon X.

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