‹ Cours théorique et pratique de style [microforme]Chapitre 431 sur 461 · FONDATION DE MONTRÉAL · texte numérisé non relu

FONDATION DE MONTRÉAL

Tant de secours spirituels venus de France tout à la lois (1) ne pouvaient manquer de donner un nouvel élan à la colonie, si l’on avait seulement soutenu ces premières démarches. Mais la compagnie de: Cent-Associés demeurait dans une telle inaction, que les missions et les communautés, qui devaient tirer leur principal appui de Ja colonie, en étaient presque les seuls soutiens. La guerre recommençait plus vivement que jamais entre les Iroquois et les Hurons ; et ce qu’il y avuit de plus malheureux, c’est que le gouverneur, loin d’être en état de secourir les alliés, se voyait tous les jours exposé à recevoir de nouveaux affronts de la part des Iroquois, faute d'avoir seulement quelques centaines d'hommes pour tenir ces barbares en respect. Co dép'orable état de choses engagea plusieurs personnes recommandables par leur piété à former une société pour le soutien de la religion catholique en Canada et pour la conversion des sauvages. Elle ge proposait de former dans l’île de Montréal une bourgade française bien fortifiée et à l'abri de toute insulte. Les pauvres y devaient être reçus et mis en état do subsister de leur travail. On projeta de faire occuper tout le resto do l'île par des sauvages, de quelques nations qu’ils fussent, pourvu qu’ils fussent chrétiens, ou voulussent le devenir, et l’on était persuadé qu'ils y viendraient en grand nombre, tant pour y trouver un asile assuré contre les poursuites de leurs ennemis, que pour être plus promptement secourus dans leurs maladies ou dans la disette.

Deux hommes d'une éminente piété, Jérôme le Royer de la Dauversière, receveur des finances à La Flèche, et M. Olier, fondateur de la eompagnic de Saint-Sulpice, eurent presque en même temps la pensée de cette fondation. Le premier, venu à Paris avec le baron de Fancamp, gentilhomme riche et eharitable qu’il avait associé à l’entreprise, y fit l’heureuse rencontre de M. Olier, qui, de son côté, s’était senti inspiré de travailler à la même œuvre. Dès lors fut formé le noyau de l’ussociation nommée depuis ‘‘ Société de Notre-Dame de Montréal.’’

L'île de Montréal était déjà eoncédée à M. de Lauzon. Il fallait done eommencer par acheter cette île. M. de lu Dauversière, qui avait échoué dans une première tentative, réussit enfin à l'obtenir, par l’entremise du P. Charles Lalemunt, et le contrat en fut püssé à Vienne le 7 août 1640. Mais, lorsque messieurs de la Compagnie de la Nouvelle- France upprirent cette cession, ils déclarèrent que, M. de Lauzon n'ayant point satisfait à ses engagements, l'ile appartenait à la coumpagnie comme auparavant, Persuadés néanmoins des bonnes dispositions de la nouvelle société, ils lui accordèrent volontiers un nouveau titre de propriété, le 17 décembre de la même année. L'année suivante

(1) Le duchesse d'Aiguillon fondatrice de l'Hôtel-Dicu d Québec et trois hospitalières, ainsi que la mère Murie de l’{noarnation et ses o0mpagnes.

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