L'ÉMIGRATION CANADIENNE
Janada, terre sainte où resplendit la foi, Îerre de dévouement, de gloire et de vaillance, A tes fertiles bords sourit ln Providence, Et du haut de son trône, un Dieu veiile sur toi. À tos mâles enfants il donna le courage, Les moissons à ton sol, à tes bois, le feuillage, Ut le bras valeureux qu’animo un nobie essor, En creusant ton Cntraille y découvre un trésor, De ses plus riches dons t'a comblé Ia nature,
gr L. Laf
Tu portes dans ton sein ta puissance future, Ton drapeau sous ses plis garde ta liberté, Rien ne manque à tes fils pour leur prospérité, Le voyageur surpris admire tes montagnes, L'azur de ton beau ciel, tes riantes campagnes, Ton lac, qui du soleil abreuvant les rayons, De ses dentelles d’or festonne tes vallons.
C’est toi qu’en expirant jadis chanta Moïse.
Salut, 6 Chanaan, salut terre promise, Imoge d'Israël, tabernacle de Dieu | Passant, recucille-toi pour fouler ce saint lieu (1). —Mais quelle est done là-bas cette bruyante foule Dont lo flot grossissent tourbillonne et s’écoule ? Pour sauver de Montcalm le sacré pavillon, Sans doute, a raisonné le tocsin des alarmes ; Chacun vole et bondit, s’apprête, prend les armes, Et court de l’assaillant repousser l’escadron ? —Hélas ! non, tout ce peuple, inondant le rivage, Est un peuple aveuglé qui déserte sa plage, Pour demander ailleurs à des cieux étrangers Le bien-être qu'ici lui donnent ses foyers.
Quelle fureur t’enivro, émigrant téméraire | Sans jamais la saisir, tu suis une chimère ; Quand tu crois l’embrasser elle échappe à tes pas, S’envole comme un sylphe ct rit de tes combats. Quaad donc cesseras-tu, bércé par un vain songe, De fuir ia vérité, pour suivre le mensonge ? On te promet de l'or, des fleurs et des plaisirs, Les splendeurs d’un fantôme embrasent tes désirs ; Et tu pars commeuntrait. Jo sais ton espérance : Tu vois poindre déjà ta prochaine opulence, De guirlandes ornant tes loisirs fortunés ; Chaque jour à tes yeux dévoile un front lucide ; Quatre nobles coursiers à la course rapide, Les naseaux écumants, les crins enrubanés, Dans un char tout doré, sur la plaine ébahie, Traînent pompeusement ta grandeur enrichie ; Chacun brigue l’honneur de chanter ton retour : Tu bâtis un palais, un castel et sa tour ; Chez toi brillent partout et le porphyre et l’ambre, Tu reçois des placets, un fauteuil à la chambre ; Si tu parles, soudain tes paroles font loi, Et, dans les environs, tu commandes en roi.
() Voir l'excellent nuvrage intitulé Quelques Considérations sur les Rapports de la Société civile avec la Religion et la Famille,” par èche, ainsi que les brochures ‘‘ Le Canada français et la Providence,” par M. Philippe Masson, ot le ‘‘ Conseiller du Peu par un Compatriote.
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De tes rêves brillants voilà l’ombro éphémère : Après elle tu cours sur la rive étrangère ; Mais au lieu du lingot promis par les Etats, Tu heurtes les chagrins, le deuil et le trépas. A tes mains un tyran impose des entraves ; Esclave méprisé parmi d’autres esclaves, Toi, qui fus libro et fier, tu deviens instrument, Ton corps s’use à la glèbe, ct ton âme au tourment : Comme un spectre, à ton seuil v Avec les noirs regrets, les pleurs, la faim amère, Et d’un maître insolent pour obtenir du pain, Il te faut sans murmure essuyer le dédain.
Parfois sous le malheur ta faiblesse succombe ; Tu convoitais de l'or, tu trouves une tombe, Ou si du champ natal tu revois les sillons, Ce n’est qu'avec la honte unie à des haillons. —Oh ! laisse s’agiter lo démon des richesses, Et demeure impassible à ses fausses promesses, Sous un masque d’argent il cache du venin, L’'éclat est à son front, et la inort dans son sein, Le bonheur, il est là, sous le toit de l’ancétre, Auprès de ton berceau, sous l’ombre du vieux hêtre, Dans le champ desséché que néglige ton bras, Pour suivre imprudemment de magiques appâts : [IL est 1à, sous ton ciel, à côté de ta mère Qui pleure ton absence et, seule en la chaumière, Voit s’éteindre et mourir la lampe de ses jours, Loin de toi, les soucis, implacables vautours, De leurs ongles d’acier déchirent sa vieillesse, Qu’au cercueil à Pas lents emmène la tristesse, Le bonheur, à est là, près du nid de l’oiseau Qu’enfant tu dérobais en gardant le troupenu, Près du lis que ta main cueillait dans la verdure, Près du fleuve argenté qui serpente et murmure, Petit-fils de Cartier, de l’âtre paternel
N’éloigne plus tes pas : aiHours est le déboire, Ici le doux repos
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Soldat, ne laisse point ton drapeau sans défense ; Français, jusqu’au tombeau, sois digne de ta France, Et toujours souviens-toi qu’un vaillant labourèur, En sillonnant sa terre, y trouve le bonheur,
Edouard Seupé.
du morceau ci-dessus.
ient frapper la misère,
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COMPOSITIONS SUPPLEMENTAIRES,