LE GRONDEUR
Le Grondeur.—Bourreau ! me feras-tu toujours frapper deux heures à la norte?
Le rutet.—Monsieur, je travaillnis au jardin ; au premier coup de marteau, j'ai conru si vite que je suis tombé en chemin,
Le G. ‘oudrais que tu te fusses rompu le cou, ouble chien ; que ne iaisse.-{u 1 porte ouverte ?
Le V,—H6! mor ur, Vous me grondâtes hier à cause qu’elle l'était : quand elle est ou Fous vous fchez; quand elle est fermée, vous vous fâchez aussi ; je ne sais plus comment faire.
Le G.—Comment faire ? comment faire ? infâme !
Le V.—O0h Ça monsieur, quand vous serez sorti, voulez-vous que je laisse la porte ouverte ?
Le G,—Non.
Le V.—<$i (1) faut-il, monsieur...
Le G—Encore ! tu raisonneras,i/rogne ?
Le V.—Morbleu ! j'enrage d'avoir raison.
Le G.—Te tairas-tu >
Le V.—Monsicur je me ferais hacher, Il faut que Ia porte soit ouverte ou fermée: choisissez, comment la voulez-vous ?
Le G.—Je te l'ai dit mille fois, coquin! Je la veux... je ln.,…, Mais voyez ce maraud-H. Est-ce à un valet à me venir faire des ques-
@ Adverbe vieilli, signifiant cependant, pourtant,
tions? Si je to prends, traitre! je to montrer Ce As-tu balayé l’
PRÉCEPTES s ITTÉNAINPS.
1culier?
Le V,—Oui, monsieur, depuis lo haut jusqu’au bas, Le G,—Et la cour ?
Le V.—Si gages,
vous y trouvez une ordure comme cela, je veux perdre mes
Le G,=Tu n'as pas fait boire ln mule ?
Le V.—Ah! monsieur, demandez-le au voisin,qui m'a vu passer, Le G,—Lui as-tu donné l’avoine ?
Le V.—Oui, monsieur Guillaume y était présent.
Le G,—Mais tu n'a pas porté ces bouteilles de quinquina où je t’ai dit?
Le V,—Pardonnez-moi, monsieur, et j'ai rapporté les vides, Le G.—Et mes lottres, les as-tu portées à la poste, hein ? Le V.—Pestelmonsieur, je n’ai eu garde (1) d'y manquer!
Le G,—Je t'ai défendu cent fois de racler ton dant j'ai entendu ce matin
Le V,—Co matin ?
en mille pièces ?
maudit violon ; cepen-
ss.
Ne vous souvient-il pas que vous me le mîtes hier
Le G,—Jo gagerais que ces deux voies de bois sont encore... Le V.—kites sont logées, monsieur. Vraiment depuis cela, j’ai aidé
Guillaume à mettre dans le grenier une ch
arretée de foin, j'ai arrosé
tous les arbres du jardin, j'ai nettoyé les aées, j'ai béché trois planches, et j'achevais l’autre quand vous avez frappé.
Le G.—0h1...... Il faut que je chasse ce coquin-là ; jamais valet ne m'a fait enragercomme celui-ci: il mo ferait mourir de chagrin...
Hors d'ici!
(b) Lo dialogue est nécessaire au
doit être rapide ; il n’embrasse que ce qui.
sujet; il omet le reste de la conversation
ou en fait un court résumé,
(c\ On supprime facilement dans le dialogue les propositions de liaison, comme à{ dit, àl répondit, il ajoula, etc.
(d) Pour que le dialogue soit intéressant, il faut qu'il soit coupé à propos et que la réplique ne se fasse pas attendre: elle doit partir sur le trait qui la sollicite,
Cède-moi la terre, dit l’orgueilleux Sicambre.—La terre que je te
cèderai, tu la garderas éternellement.
(e) I faut encore que le sujet soit important, que les carac-
tères soient bien contrastés et que les sentiments se combattent ; en général, on n'aime pas que le vainqueur obtienre un triomphe trop facile : l’âme doit être entrainée tour à tour
(1) N'’avoir garde d’une chose
l’éviter avec soin,
ose signifie se bicn garder d’uno chose,
ai bien comment je la veux.
vers l’u: l'énergit () Di leries en ne nuise (9) L’ ment po (h) Le occuper tracé,