ACTE PREMIER
ISEVOLY.
Mais non. Je ne crois pas plus aux saints qu'à leurs merveilleuses histoires. Il y a trop longtemps que j'en vends des saints, que j'en fabrique, que j'en invente, oui, Barbe, j'en ai inventé. Le martyrologe est toujours incomplet. Barbe, écoutez, les esprits m'ont annoncé la mort de ma femme.
Ah! c'est vrai! vous êtes spirite. C'est de la folie et dans votre entourage on commence à s'en douter.
NEVOLY.
Vous êtes sûre, Barbe ?
BARBE
Oui.
NEVOLY.
Va que dit-on?
BARBE
On ne dit rien...
NEVOLY.
Alors, on n'entend rien.
BARBE
Si... le bruit de votre table tournante... On trouve que c'est ridicule... et dangereux pour un marchand d'objets de piété, grand fournisseur de Saint-Sulpice.
NEVOLY.
Qai dit cela?
BARBE
Personne encore et déjà tout le monde. Et vous perdrez voirt' clieiit.'l > (itLind elle siinra.
Je VOUS remercie, Barbe, j'aviserai... Je [reulrai Sicre comme garant de ma foi.
BARBE
Sicre!
NEVOLY.
Oui, c'est une sorte de courtier des choses célestes. On peut s'arranger avec lui.
BARBE
C'est un homme suspect...
NEVOLY.
Ce sont ceux-là qu'on peut utiliser. Ah! ou sait que je m'occupe de spiritisme! C'est vrai et c'est pourquoi je suis fixé sur le sort de ma femme.
BARBE
Ne vol y !
NEVOLY.
Oui, Barbe, oui. Ici, nous ne sommes plus dans les miraculeux, nous sommes dans les faits précis, reconnus, sérieux.
BARBE
Ah!
NEVOLY.
Et les esprits interrogés n'ont jamais dit plus d'un mot; un seul, toujours le même. Mort!... puis ils ont donné des dates.
P.ARBE.
Ah!