ACTE DEUXIÈME
MINOUEL.
Donne-moi... c'est idiol ce que je fais là... Donnemoi deux chandeliers en argent à sept branches pour la chapelle de Sainte Brigitte.
MADAMK NE VOL Y.
En argent, très lourds.
PIERllli, faisant tourner sa baguette.
Deux chaudeliers en argent à sept branches pour la chapelle de Sainte Brigitte. Allons jouer. Prends ton chapelet. Il est à toi.
SGEM^ XIII MINOREL, M. et MADAME NEVOLY.
MADAME NEVOLY.
Avez-vous remarqué de quelle façon il a dit : Pour la chapelle de Sainte Brigitte!
MINOREL.
Oui, j'en suis tout ému, néanmoins je ne pense pas que ces candélabres... ce serait fantastique... y croire c'est de la démence. Allons chez le marchand de pianos, chez le joaillier, là nous saurons quelque chose. Ne croyez pas bénévolement à ce qui ne s'explique pas du premier soup. Venez.
NKVOLY.
Faites-moi le plaisir, ami, de faire seul cette petite enquête. Je ne pj^iis sortir en ce moment.
9u c.;i:iJLLi rii.-î
MINOliEL.
Soit. Je reviens aussitùl.
sci:xE XIV
Les Mêmes, moins MIXUHEL.
MADAMK NKVOLV.
Nevoly, je suis réellement à la dérive. Tout ce qui se passe depuis hier est étrange. Ma mort, ton vœu, ma guérison, ces cadeaux, ton impiété, oui tous ces faits étranges, contradictoires m'épouvantent.
Rassure-toi. Dans un i:istaut je connaîtrai le lin mot. Je me suis trompé dans mes calculs à propos de ta maladie, d'autre part, j'ai mal compris ce que me disait mon guéridon, c'est possible. J'étais affecté ! Mais cette fois je saurai... je vais interroger les esprits.
MADAME NEVOLY.
Tu perds ton àme à ce commerce terrible.
NEVOLY.
Hé! tu crois bien au diable toi!
MADAME NEVOLY.
Le diable existe, c'est le péché, c'est le mal.
NEVOLY.
Allons donci Réponds nettement. Y a-t-il un diable?
ACTK DEUXIÈME 91
MADAME NEVOLY.
Oui.
NEVOLY.
Vivant ?
MADAME NEVOLY.
Oui.
NEVOLY.
Ayant forme humaine?
MADAME KEVOLY.
Oui. Quand il veut.
NEVOLY.
Ainsi il a le singulier pouvoir de se transformer pour tromper les vivants?
MADAME NEVOLY.
Oui.
NEVOLY.
Tu as vu jouer Faust à l'Opérai
MADAME NEVOLY.
Je n'ai pas vu jouer Faust. Tu me conduis si peu au théâtre ! Je crois sincèrement à ce que je viens de te dire.
NEVOLY.
Alors, tu n'as pas le droit de te moquer de mon spiritisme car si je suis crédule tu l'es cent fois plus que moi.
MADAME NEVOLY.
Je vais prier pour loi, Nevoly.
KEVOLY.
Je vais faire tourner mon guéridon.