LA SOURCE DE LA NAHE (NAHEQUELLE
Près de la source Élise, dans le lit de la Nahe, on a trouvé une source très abondante, puisqu'elle peut fournir en un jour plus de 3,000 pieds cubes d’eau. Elle jaillit de plusieurs crevasses du porphyre presque à la surface du sol, sans qu'il ait été nécessaire de perforer la roche pour lui donner issue. La source a été captée dans un bassin en pierres de taille, d'environ deux mètres et demi de diamètre. La Nahe coule à sa surface sans pouvoir y pénétrer. Pendant l'été quand les eaux de la rivière sont basses, le bassin est visible. Un tuyau en fer, passant sous le lit de la rivière, conduit les eaux de cette source au Curhaus, où elles sont aspirées par une machine à vapeur.
Les propriétés physiques et chimiques de la Nahequelle sont les mêmes que celles de la source Élise. Ses eaux ne servent qu'à préparer les bains du Curhaus.
LA KARSHALLER BRUNNEN (SOURCE CARLSHALLE).
Elle est située dans le Val des Salines, sur la rive droite de la Nahe. On la reconnaît de loin par le bâtiment en forme de rotonde qui l'entoure. Cette source, comme la suivante, est connue depuis des siècles. On en fait mention dans un document qui remonte à 1478. Mais un autre document, de 1490, indique ces sources d’une façon plus explicite. C’est l’électeur Philippe du Palatinat qui concéda à ses deux cuisiniers, Brun et Newendorf, les sources salines situées entre Ébern-
burg et Creuznach. Les concessionnaires n'avaient évidemment d'autre but que d'extraire de ces eaux salines le chlorure de sodium qu’elles renferment en si grande quantité; mais il est bien probable que leurs vertus médicales n'étaient pas tout à fait inconnues, puisque l’acte de location porte « que toute personne qui s’y baignera payera un liard à Alzei, » et plus loin, « qu'outre le concessionnaire, personne n'aurait le droit, dans le cercle mentionné, de préparer du sel ou d'établir des bains. »
La Karshaller Brunnen n’a été régulièrement exploitée que depuis 1729. Elle resta entre les mains de divers particuliers, jusqu'à l’époque où les Français s’emparèrent de la contrée ; Napoléon I‘ en fit gracieusement cadeau à sa sœur, la princesse Borghèse. Après la chute de l'Empire, le grand duc de Hesse devint, par le traité de Paris, propriétaire de la Carlshalle et de la Théodorshalle. |
La source principale de la Carlshalle est tellement abondante qu'elle fournit non seulement une quantité énorme d'eau consacrée à la fabrication du sel marin, mais quelle alimente encore tous les bains de Creuznach. Cette richesse date surtout de 1843, époque où elle fut approfondie par de nouvelles perforations, qui portèrent sa température de 13° à 19° R.
Depuis 1868 des conduits ont relié la Carlshalle à la vieille ville et à la cité des bains. Une machine à vapeur envoie l’eau dans les maisons particulières et les hôtels ; un grand réservoir, situé entre la ville et la source, augmente la pression de l’eau en circulation.
Depuis ces travaux, chaque maison, chaque hôtel di-
rectement relié à la source, est pourvu de chambres de
bains, et les étrangers ne doivent pas sortir de chez eux pour se baigner. C'est un des grands avantages de Creuznach. Je n'ai sans doute pas besoin de m'étendre sur les dangers courus par des malades qui, sortant d'un bain chaud, traversent les rues pour regagner leur habitation. Il est bien difficile d'éviter, dans de pareilles conditions, les causes de refroidissement. C’est cette facilité que rencontrent les malades à suivre chez eux la partie essentielle du traitement, qui les éloigne des bains du Curhaus, établis cependant avec un luxe et un comfort que l’on ne rencontre ni dans les hôtels, ni dans les maisons particulières.