‹ CreuznachChapitre 61 sur 103 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

DEN MALADIES SUR LINQUELLES LES FAUX DE CREUZNACH BXERCENT UNE INFLUENCE FAVORABLE

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VICTORIA STIFT

Il y à quelques années, des hommes de cœur voyant les enfants riches retrouver à Creuznach leur santé perdue, ou venant de toutes parts y relever leurs forces chancelantes, s’émurent en pensant que l'enfant des familles pauvres ne pouvait jouir d’un pareil bienfait. — Cependant, le Iymphatisme et la scrofule frappent plus souvent encore les classes pauvres que les classes élevées de la société, et ces états morbides ruinent la santé de milliers d'enfants, qui devront un jour vivre du travail de leurs mains.

Et pourtant les eaux salines de Creuznach guérissent la scrofule, ou tout au moins l’atténuent au point que ses manifestations perdent tout caractère de malignité. Mais, pour obtenir ce résultat, 1l faut séjourner à Creuznach plusieurs semaines, et parfois LApRten cette cure pendant plusieurs années.

Malheureusement, ce mode de traitement fort dispendieux, n'est pas à la portée de tout le monde, et quand il s'agit d'un jeune enfant, son séjour à Creuznach

* nécessite la présence d’une personne de sa famille et partant des frais considérables:

Ce fut une noble pensée qui présida à la création du Victoria Stift.

Faire cesser le monopole du riche et mettre à la portée des pauvres les bienfaits de la cure par les eaux salines de Creuznach, tel fut le but poursuivi et réalisé avec bonheur par ceux qui se sont voués à la création de cet institut hospitalier. En voyant les résultats obtenus, on se sent pris de reconnaissance pour ses fondateurs et pour l'Illustre Princesse qui, s'associant à cette œuvre de charité internationale, la couvre de sa protection et lui donne, comme un talisman, son nom vénéré.

Le Victoria Stift reçoit les enfants peu fortunés des deux sexes, quel que soit le culte qu'ils professent et les pays auxquels 1ls appartiennent.

Les jeunes malades sont confiés aux soins de médecins fort distingués, MM. les D Heüsner, Strahl et Hessel. M. le D' Bresgen est attaché à l'établissement en qualité de médecin-oculiste.

L'hôpital est desservi par une communauté de Diaconesses évangéliques, qui ne diffère des communautés religieuses catholiques que par la liberté absolue dont jouissent ses membres de rentrer dans le monde quand elles le désirent. — Ces dames, qui portent un costume religieux, ne prononcent pas de vœux et ne sont liées par aucun engagement, — Mais il est très exceptionnel de leur voir abandonner la mission humanitaire qu’elles se sont librement imposée.

Le Victoria Stift est situé sur les bords de la Nahe, au milieu d’un site ravissant ; de ses fenêtres, on voit se dérouler les coteaux fertiles du Kuhberg, les forêts et les

vignobles du Haardt et le Val des salines, aux pittoresques aspects, s'ouvre à quelques pas de lui. |

Bien approprié à la destination spéciale en vue de laquelle il a été tout récemment bâti, le Victoria Stift répond à toutes les exigences de l’art médical et nulle part les petits malades ne trouveront des soins plus dévoués, plus attentifs, un air plus pur, un paysage plus riant.

M. le D' Heusner se loue des résultats remarquables que l’on obtient, en général, sur les enfants qui font un séjour dans ce bel établissement. Après avoir vu les soins intelligents et affectueux dont ils sont entourés par les médecins et les Diaconesses, je ne m'étonne plus des cures merveilleuses dont le Victoria Stift est chaque année le témoin. :

L'établissement est ouvert du 1* mars au 1° octobre et reçoit chaque saison trois cents malades, qui y font chacun un séjour de quatre semaines. Le Victoria Stift ne réalise aucun bénéfice sur ses pensionnaires, le prix coûtant sert de base au coût de la cure. La munificence de S. À. I. la Princesse Victoria, des collectes, des dons volontaires, des subsides accordés par des sociétés de bienfaisance, constituent le patrimoine du Victoria Stift.

On y reçoit les enfants des deux sexes âgés de 4 à 14 ans. À titre exceptionnel, on accepte les jeunes filles jusqu à l’âge de vingt ans.

Le prix de la cure varie selon la position de fortune des parents du petit malade; sont-ils d’une condition très modeste, la cure coûtera 45 marks (1) (56 fr. 25) ; sont-ils plus fortunés, le prix s'élèvera à 60 marks (75 fr.). Dans le premier cas, la journée revient à 2 fr.;

(1) Le mark vaut 1 fr. 95.

dans le second, elle s'élève à 2 fr. 68. Pour obtenir la faveur de la taxe réduite, il faut s'adresser au Comité directeur, en joignant à sa demande un certificat constatant que la famille du malade est peu fortunée. Pour ce prix de 45 ou de 60 marks, l'établissement fournit au malade tout ce dont il peut avoir besoin : bains, médicaments, pansements, soins médicaux, bière, vin, etc.

Les parents qui désirent envoyer leurs enfants au Victoria Stift en feront la demande au Comité directeur avant le 1* mai. Ils joindront à leur pétition : 1° un certificat de médecin attestant que l'enfant a besoin de faire une.cure à Creuznach, que sa maladie n’est pas contagieuse et retraçant l'histoire succincte de cette affection. Le prix d’une cure se paye d'avance entre les mains du trésorier de l'établissement; la quittancs sera montrée à M"° la supérieure des Diaconesses, au moment de l'entrée du malade.

L'enfant sera muni de vêtements pour le dimanche et les jours de la semaine ; il aura du linge pour 28 jours, un chapeau de paille, des pantoufles, des chemises de nuit ; il lui est interdit d'apporter de l'argent.

Les chemins de fer de l’État ont accordé une réduction considérable aux enfants qui se dirigent vers lé Victoria Stift, la personne qui les accompagne jouit de la même faveur. Au point de vue des frais de parcours, ils sont assimilés aux militaires, depuis la frontière jusqu'à Creuznach et obtiennent une réduction de 50 p. c.

Le Comité directeur se fait toujours un plaisir de donner sur le Victoria Stift tous les renseignements qui peuvent être utiles aux parents qui désirent y placer leurs enfants.

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