‹ Critique de la philosophie de Thomas BrownChapitre 11 sur 43 · XVIII NOTICE BIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

XVIII NOTICE BIOGRAPHIQUE

Le succès de Brown fut complet; l'admiration qu'il excita fut telle , qu'au mois de mai de la même année il fut définitivement nommé adjoint du professeur de philosophie morale , titre qu'il conserva jusqu'à sa mort.

Ce fut pendant les premières années de son enseignement qu'il rédigea ses Leçons de la philosophie de V esprit humain. Mais au bout de quelque temps , devenu entièrement maître de son sujet , il put se livrer à quelques distractions littéraires , et il revint à la poésie. En 1814 , il acheva un poëme qu'il avait commencé depuis plusieurs années , le Paradis des Coquettes, qui paraît être le plus solide fondement de sa réputation comme poëte. Il publia successivement plusieurs autres petits poèmes, savoir : le Voyageur en Norwège (the wanderer in Norvay), dans l'hiver de 1815; le Berceau du printemps (the Bower of spring), dans l'automne de 1816 ; et enfin Agnès en 1818. Toutes ses poésies, y compris celles qu'il avait publiées en 1803, ont été, après sa mort, réunies en quatre volumes in-octavo , sous ce titre : The poetical works of D Thomas Brown, Edinburg.

Voici le jugement d'Erskine sur Brown , considéré comme poëte. « Ses poëmes , dit-il, ne sont pas écrits dans le style des franches et fortes émotions. Ils touchent une corde trop délicate pour obtenir la sympathie universelle. Ils sont dans une langue inconnue à la moitié , on pourrait dire aux dix-neuf vingtièmes des lecteurs (1). »

(\) Wels/i's life of Broivn , page 431 .

SUIl THOMAS BROWN. XIX

Après la publication de ses poëmes, Brown reprit ses travaux philosophiques. En 1819 il commença la rédaction de ses Esquisses de la Physiologie de l'esprit humain , ouvrage qui devait renfermer la substance de ses leçons; il s'en occupa avec beaucoup d'ardeur pendant toute cette année. Mais ce travail intense altéra sa santé ; la circulation du sang devint si active, que son pouls marquait trente pulsations de plus qua son état habituel. Ces symptômes, auxquels il avait toujours été plus ou moins sujet, lorsqu'il étudiait ou qu'il composait, ne l'alarmèrent que faiblement d'abord.

Dans cet état les saignées lui procuraient un soulagement ; on lui conseilla d'essayer ce remède; il s'y refusa dans la crainte de ne pouvoir reprendre son cours à la rentrée des universités qui approchait. Il fut cependant obligé de retarder de quelques jours l'ouverture de son cours. Lorsqu'il remonta en chaire, il arriva par malheur que le sujet qu'il avait à traiter fut un de ceux qui avaient coutume d'agir le plus fortement sur son âme tendre et délicate ; c'était la trente-cinquième leçon du cours qui se termine par la citation suivante de YHermite de Beattie : « 11 fait nuit ; le paysage ne charme plus les yeux; je pleure! Mais ce n'est point sur vous, forêts; ni sur vous, prairies! Car il reparaîtra, le matin qui doit vous rendre votre beauté , vos doux parfums et votre rosée et incelante. Ce n'est point non plus sur les ravages de l'hiver que je pleure! Car la douce nature protège dan- leurs enveloppes les germes des fleurs. Mais quand le printemps visitera-t-il la

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