‹ Critique de la philosophy de Thomas ReidChapitre 13 sur 60 · La conception est la simple appréhension des · texte numérisé non relu

La conception est la simple appréhension des

0)T. iv, p. 16. (4) T. IV, p. 71-m.

(a) T. IV, p. 5i. (5) T. IV. r. i35.

(3) T. IV, p. 52-54 ;1. V. p. io3.

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logiciens : on peut concevoir, imaginer des choses qui n'ont point de réalité et que nous croyons fermement n'en pas avoir (i).

80. Quelquefois le mot concevoir signilie croire , comme dans ces phrases : j'imagine qu'il en est ainsi , je ne conçois pas que cela soit vrai (2).

81. La conception entre comme élément dans toutes les opérations de l'esprit (3).

82. Il n'y a ni vérité ni fausseté dans la conception, parce qu'elle ne nie ni n'affirme (4).

83. La conception est un acte de l'esprit du genre de ceux que les scolastiques appellent immanents, c'est-à-dire qui ne produisent rien qu'eux-mêmes. On la compare quelquefois à une peinture, mais cette métaphore est vicieuse , car peindre est un acte transitif qui produit un effet distinct de l'opération (5).

84. Il y a des conceptions de pure imagination , qui ne sont point des copies , mais des originaux; telle fut la conception de don Quichotte dans l'esprit de Cervantes ; telles sont les conceptions des romanciers et des poètes. La conception peut former des combinaisons qui n'ont jamais existé ; elle peut amplifier ou amoindrir, multiplier et diviser, composer et façonner, en un mot, modifier en tous sens les objets que la nature lui présente; mais à son plus haut degré d'énergie, elle ne saurait introduire dans ses ouvrages un seul élément de sa création; elle doit tous ses matériaux à la nature, elle les tient tous de l'une de nos facultés primitives Hume dit qu'un homme qui aurait vu

(1) T. 111 . p té f3) T. IV. p. . . 1

• T III . i> .<- , 1 IV, p. u3 el (4) T I\ p 1

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CONCEPTION

toutes les nuances d'une couleur, à l'exception d'une seule, pourrait cependant concevoir celle-ci; ce fait n'est point une exception, car les diverses nuances d'une couleur diffèrent en degrés et non point en nature. H y a des conceptions qui ne sont que des copies soit d'objets individuels, comme de la ville de Londres, soit de généralités, comme de l'animal (i).

85. Nos conceptions peuvent être vives et fortes ou languissantes et faibles... Certaines passions, telles que la joie , l'espérance , l'ambition , semblent aiguiser la faculté de concevoir. D'autres, comme la tristesse, la douleur, l'envie, semblent l'émousser. Les hommes passionnés sont ordinairement vifs et agréables en conversation Il y a aussi une vigueur naturelle de

l'âme qui donne de la force aux conceptions dans toutes les situations, et sur toutes sortes de sujets (2).

86. On peut concevoir très - nettement les objets individuels et n'avoir aucune facilité pour former des conceptions générales; et de là vient qu'on rencontre tant de personnes dont le jugement est sûr, pour les événements de la vie active, et qui ont même du talent pour la composition oratoire et poétique , et à qui les raisonnements abstraits sont impénétrables (3).

87. Les conceptions primitives sont complexes ; c'est par l'analyse que nous arrivons aux conceptions simples (4).

88. Une figure géométrique n'est pas une chose qui existe, car elle serait un individu ; elle est une pure conception de l'esprit (5).

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