XII ANALYSE DE LA CRITIQUE
peat être considérée comme nn ensemble de représentation» partielles telles que celles que nous pouvons tirer de Texpérience.
De même qae Eant s'est servi de Tezemple de la géométrie ponr confirmer son analyse de Tespace, il confirme celle di^ temps par T exemple de la théorie générale da mouvement : Tidéo même du mouvement (changement de lien), comme celle de tout changement, n'est possible que par celle du temps; et celle-ci ne pourrait expliquer la possibilité de toutes les proportions synthétiques qui se rattachent à celle-là, si elle n'était pas elle* même une intuition à priori.
Il résulte de l'analyse qui précède, que le temps n'est pa» quelque chose qui existe par soi-même , car il faudrait pour cela qu'il existât réellement en dehors des objets réels, ce qui n'a pas de sens; — ni une propriété inhérente aux choses mêmes, car dans ce cas il ne pourrait être connu à priori et servir luimême à percevoir les objets. Qu'est-ce donc que le temps? Rien autre chose que la forme du sens extérieur, comme l'espace est la forme des sens intérieurs. Il détermine le rapport des^ représentations dans notre état intérieur, et par là celui des* phénomènes extérieurs, de telle sorte qu'il est ainsi la condition^ immédiate des phénomènes intérieurs et la condition médiate des phénomènes extérieurs (v. p. 89). On peut donc dire du* temps, comme de Tespace, qu'il n'est rien en dehors du sujet, puisqu'il n'est autre chose qu'une condilion subjective de nôtremanière de percevoir les choses, en nous et hors de nous. Il a bien une valeur objective en ce sens qu'il s'applique à toutes les choses que peut nous offrir l'expérience; mais il n'a pas de réalité absolue, en ce sens qu'il n'est pas une chose en soi,, ou une propriété inhérente aux choses en soi, abstraction faite de notre manière de percevoir (v. p. 91).
Que si l'on objecte contre cette théorie qu'il y a des change» ments réels, ne fût-ce que la succession de nos propres repré* sentations, et que, puisque ces changements ne sont possibles que dans le temps, le temps est donc bien aussi quelque chose de réel (v. p. 92); Eant répond que nous ne nous représentons comme des changements les déterminations de notre être qu'en vertu de notre constitution sensible, et que, si nous pouvions avoir de nous-mêmes une autre intuition, une intuition indépendante de: