‹ Critique de la raison pure (volume 2)Chapitre 117 sur 136 · CHAPITRE II Système de tous les principes de rentendement pur · texte numérisé non relu

CHAPITRE II Système de tous les principes de rentendement pur

Nous n'avons examiné, dans le chapitre précédent, la faculté transcendentale de juger qu'au point de vue des conditions générales qui seules lui permettent d'appliquer les concepts purs de l'entendement à des jugements synthétiques. Il s'agit maintenant d'exposer dans un ordre systématique les jugements que l'entendement produit réellement à priori sous cette réserve critique. Notre table des catégories doit infailliblement nous fournir à cet égard un guide naturel et sûr. En eflfet, c'est justement le rapport de ces catégories à l'expérience possible qui

PRINCIPES DE l'entendement PUR 209

doit constituer à priori tous les concepts purs de l'entendement, et par conséquent leur rapport à la sensibilité en général qui fera connaître intégralement et dans la forme d'un système tous les principes trauscendentaux de l'usage de l'entendement.

Les principe.s à priori ne portent pas seulement ce nom parce qu'ils servent de fondement à d'autres jugements, mais aussi parce qu'ils sont eux-mêmes fondés sur des connaissances plus élevées et plus générales. Cette propriété cependant ne les dispense pas toujours d'une preuve. En effet, quoique cette preuve ne puisse pas être poussée plus loin objectivement, mais que, au contraire, elle serve elle-même de fondement à toute connaissance de son objet, cela n'empêche pas qu'il ne soit possible et même nécessaire de tirer une preuve des sources subjectives qui rendent possible la connaissance d'un objet en général, puisque autrement le principe encourrait le grave soupçon de n'être qu'une affirmation subreptice.

En second lieu , nous nous bornerons à ces principes qui se rapportent aux catégories. Nous écarterons donc du champ de notre investigation les principes de l'esthétique transcendentale, d'après lesquels l'espace et le temps sont les conditions de la possibilité de toutes choses comme phénomènes, ainsi que la restriction de ces principes, à savoir qu'ils ne sauraient s'appliquer à des choses en soi. De même, les principes mathématiques ne font point partie de ce système, parce qu'ils ne sont tirés que de l'intuition et non d'un concept pur de l'entendement. Cependant, comme ils sont des jugements synthétiques à priori y leur possibilité trouvera ici nécessairement sa place ; il ne s'agit pas sans doute de prouver leur exac-

titude et leur certitude apodictique, cela u'est nullement nécessaire, mais de faire comprendre et de déduire la possibilité de cette sorte de connaissances évidentes à priari.

Nous devrons d'ailleurs parler aussi du principe des jugements analytiques, par opposition aux jugements synthétiques, qui sont proprement ceux dont nous avons à nous occuper, car en les opposant ainsi les uns aux autres, on affranchit de tout malentendu la théorie des derniers et l'on en fait clairement ressortir la nature propre.

Page 1