DE LA RAISON PURE XVIT
rintégrité de toat le système, deux choses qui ne peuvent être abandonnées an hasard d'une recherche toute mécanique (v. p. 126); quel sera ce principe?
Il nous est fourni par la fonction de Tentendement. Quelle est cette fonction? C'est de juger, car penser, c'est juger. Et qu'est-ce que juger? C'est ramener à l'unité les diverses représentations fournies par la sensibilité, de manière à constituer une connaissance déterminée d'un objet donné ou pouvant être donné par ces représentations, comme quand je dis : ce métal est un corps, tout métal est un corps, etc. Le jugement est donc un acte qui consiste à réunir en une seule et même pensée des représentations diverses. Telle est la fonction de l'entendement : c'est une fonction d'unité. Si donc on veut analyser cette fonction dans ses divers éléments, il faut commencer par déterminer toutes les fonctions de l'unité dans les jugements.
Or la fonction de la pensée dans le jugement peut être rame- J[*cUoM**de née à quatre titres : 1** quantité, 2° qualité, 3° relation, é"" mo- l'entendement dalUé, et dans chacun de ces titres, à trois moments: sous le uons^'anUé premier, le jugement peut être général, ou particulier, ou singu- dans le jage- Uer ; sous le second, affirmatif, ou négatif, ou indéfini ; sous le "*" ' • troisième, catégorique, ou hypothétique, ou disjonctif; sous le quatrième, problématique, ou assertorique, ou apodictique.
Soit, par exemple, ce jugement: tous les hommes sont mortels, il est, sous le premier point de vue, général; sous le second, affirmaiif; BOUS le troisième, catégorique; sous le quatrième, assertorique.
Kant fait au sujet de ce tableau plusieurs remarques qu'il faut noter pour le bien comprendre.
1*" Au point de vue de la quantité, les jugements singuliers diffèrent, comme connaissances, des jugements ^^éra^^, quoique les logiciens assimilent les premiers aux seconds, parce que, dans les uns comme dans les autres, le prédicat convient à toute l'extension da sujet; ils méritent donc à ce titre une place particulière dans un tableau complet des moments de la pensée en général.
2*" An point de vue de la qualité, Kant ajoute aux deux espèces de jugements, affirmatifs et négatifs, distingués par la logique générale, une -troisième espèce, qu'il désigne sous le nom de jugements indéfinis ou limitatifs : ce sont ceux (par exemple, ce jugement, l'âme n'est pas mortelle) où le sujet est placé dans