‹ Critique de la raison pure (volume 2)Chapitre 5 sur 136 · IV ANALYSE DE LA CRITIQUE · texte numérisé non relu

IV ANALYSE DE LA CRITIQUE

maires, et je passe tout de suite des préfaces de Touvrage de

Kant à V introduction^ qui va commencer à nous initier à la

théorie de notre philosophe,

gitimiu de Nous venons de voir que la critique de la raison pure avait

diitirtiion p^^j. ^^^^ ^^ ramener la connaissance à ses éléments à priori

la connais- *^ -^

sce pore (d afin dVn déterminer d'une manière vraiment scientifique la valeur

DMisMnce* ^* ^* portée. Mais il faut d'abord justifier la distinction qui

ipirique (à est la condition même de cette façon de traiter la critique de l'esprit

humain. C'est précisément ce que fait Kant dès le début de Vin-

troduction.

Il admet que toutes nos connaissances ne commencent qu'avec l'expérience: c car, dit-il (p. 45), par quoi la faculté de connaître serait-elle appelée à s'exercer, si elle ne l'était point par des objets qui frappent nos sens, et qui, d'un côté, produisent d'euxmêmes des représentations, et, de l'autre, excitent notre activité intellectuelle à les comparer, à les unir ou à les séparer, et à mettre ainsi en œuvre la matière brute des impressions sensibles pour en former cette connaissance des objets qui s'appelle Texpérience? Aucune connaissance ne précède donc en nous, dans le temps, l'expérience, et toutes commencent avec elle. »

Mais de ce que toutes nos connaissances commencent avec Texpérience, s'en suit-il qu'elles dérivent toutes de l'expérience ? N'j a-t-il pas des connaissances à priori^ c'est-à-dire que l'expérience ne peut expliquer, et qui par conséquent n'en dérivent pas? Et parmi celles-ci n'y en a-t-il pas qui ne contiennent aucun mélange empirique, et qui en ce sens soient tout à fait pures. Pour résoudre cette question, ou pour justifier la distinction dont il s'agit, Kant a recours à un double critérium : la nécessité et V universalité. L'expérience nous montre bien ce qui est; elle nous enseigne bien qu'une chose est ceci ou cela, mais non pas qu'elle ne puisse être autrement ou qu'elle soit nécessairement. Par la même raison, elle peut bien constater qu'il n'y a jamais eu jusqu'ici d'exception à telle ou telle règle, mais non certifier que cette règle est absolument universelle. Elle ne saurait donner à notre connaissance le caractère de l'universalité absolue. Si donc il y a dans notre connaissance des principes qui soient nécessaires et universels, on peut tenir pour certain qu'ils ne viennent pas de l'expérience (v. p. 47. — Cf. p. 48 la version de la première édition). La question revient donc à celle-ci : Y a-t-il des jugements qui

présentent réellement ce double caractère? Or tels sont précisément tontes les propositions des mathématiqaes. Tel est, dans rasage le plus ordinaire de l'entendement, cette proposition, qae toat changement doit avoir une cause. C'est en vain qae le phi* losophe Hume cherche à l'expliquer par Texpérience. Bien loio qu'elle puisse dériver de cette source, sans ce principe et en général sans des principes de ce genre, l'expérience elle-mêm» serait impossible (v. p. 49).

Ce ne sont pas seulement certains jugements, ce sont ausst' certains concepts qui révèlent une origine à priori^ comme celui d'espace ou celui de substance; mais il faut encore distinguer parmi ces concepts. Les uns, comme ceux mêmes que nous venons de citer, s'appliquent uniquement (ainsi qu'il sera expliqué plus tard) à des objets d'expérience; d'autres, au contraire, ne trouvent plus dans l'expérience d'objet correspondant, mais dépassent le monde sensible et semblent étendre le cercle de nos connaissances au delà des limites de ce champ, comme par exemple l'idée de Dieu. C'est sur cette dernière classe d'idées que la métaphysique a construit ses systèmes, < sans avoir examiné si une telle entreprise est ou n'est pas au-dessus des forces de la raison (p. 51). » Elle obéissait en cela à une tendance naturelle^ le plaisir d'étendre nos connaissances dans le champ de l'infini; elle s'y voyait d'ailleurs excitée par l'exemple des mathématiqueSy et par l'absence de toute contradiction provenant, soit de l'expérience, puisqu'elle se plaçait en dehors de ses limites^ soit, pour peu qu'elle fût habile, du tissu même des idées. € La colombe légère, dit Kant (p. 52), dans une image devenue célè-^ bre, la colombe légère qui, dans son libre vol, fend l'air dont elle sent la résistance^ pourrait s'imaginer qu'elle volerait bien mieux encore dans le vide. C'est ainsi que Platon se hasarda^ sur les ailes des idées, dans les espaces vides de l'entendement pur. Il ne s'apercevait pas que, malgré tous ses effort^ il ne faisait aucun chemin, parce qu'il n'avait pas de point d'appui ott il pût appliquer ses forces. > Mais plus cette tendance est naturelle, plus il importe de s'assurer par de soigneuses investigations de la solidité des spéculations auxquelles on se livre ainsi, et d'en venir enfin à ces questions par lesquelles on aurait dû commencer: «Comment donc l'entendement peut -il arriver à tontes ces connaissances àprioriy quelle -en est l'étendue, la va-

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