Un vol. petit in
Avec une entière sincérité, le vieillard répondit : « J'étais fort content de ses premiers ouvrages; « mais quant aux derniers , j'avoue que je ne les « comprends pas. 11 me semble toujours qu'il écrit « des fantaisies1. »
Le jugement d'Haydn sur Beethoven est à peu près celui que portent tous les hommes de génie sur leurs successeurs immédiats. C'est le jugement de la génération qui a épuisé la sève de vitalité dont elle était pourvue, et qui ne voit dans celle qui lui succède qu'une postérité sans discipline, parce qu'elle s'écarte de la route tracée. On pourrait appliquer à la mort îe mot de Voltaire sur Dieu : « Si elle n'existait pas, il faudrait l'inventer, » ne fût-ce que pour interrompre la domination de certaines idées qui ne peuvent disparaître qu'avec les hommes qui les avaient affirmées. Quoi qu'il arrive, le fils pense toujours un peu autrement que son père, et le disciple est forcé par la nature des choses de modifier d'une manière ou d'une autre l'enseignement qu'il a reçu du maître. Les premières œuvres de Beethoven, ses trios pour piano, violon et violoncelle, les sonates, le septuor, et jusqu'à la symphonie en ut majewr, qui est de l'année 1801, et qui fut dédiée à ce même docteur van Swieten, l'ami d'Haydn et l'auteur des paroles de la Création et des Saisons, ces premières compositions du grand symphoniste révèlent une imitation directe du style d'Haydn et de Mozart, dont il était le successeur. Aussi Beethoven n'aimait-il pas qu'on lui parlât de ses premières productions, et surtout du septuor. 11