TÛT
HARVARD UNIVERSm/I
JAAI 23 1961
£BAIttUiiUi£BMUSlCUBRARY
Le volume de Critique et littérature musicales que je publie aujourd'hui est formé, comme les deux autres qui Font précédé, d'articles qui ont paru successivement dans la Bévue des Deux Mondes. On a beaucoup blâmé ce genre de publication. On a dit qu'un livre ne mérite vraiment ce titre que lorsqu'il est composé d'éléments homogènes concourant vers un but unique et déterminé d'avance : ce qu'il est impossible d'obtenir avec des articles de journaux ou de >^ revues, qu'aucun lien systématique ne rattache les J; uns aux autres. Ces vaines subtilités n'ont pas em- \ péché les livres de mélanges de se publier et de se P vendre, parce qu'ils répondent à un besoin réel du (^ public.
"^î^ La presse est la grande manifestation de l'esprit
" moderne. Tout homme qui porte un non/ dans les
;^ lettres, dans les sciences et dans les arts, a dû avoir
;^ recours à un journal quotidien ou à un recueil pé-
V riodique, pour y répandre ses idées, faire connaître
ses travaux, ou exprimer ses sentiments. Depuis
Il INTRODUCTION.
Chateaubriand jusqu'à M. de Lamartine, depuis M. Guizot jusqu'à Augustin Thierry, MM. Cousin, Villemain, Cuvier, V. Hugo, Alfred de Musset, des historiens, des savants, des poètes et des hommes d'État ont produit dans les journaux ou dans les revues la plupart des travaux qui les ont illustrés. La critique surtout qui défend au jour le jour les principes du goût et de la morale, qui juge et apprécie les œuvres du talent ou les créations du génie, n'estce pas par les journaux et les revues qu'elle établit son autorité sur l'esprit du public ? Pourquoi donc les livres qui résultent de cette collaboration nécessaire à la prompte manifestation de la vie intellectuelle de notre temps, seraient-ils moins dignes de l'attention du lecteur ? De pareils ouvrages, jqui sont très-nombreux de no$ jours, ont la valeur qui s'attache à la pensée et au style de l'écrivain. Nous pouvons citer dans ce genre un chef-d'œuvre de critique formé avec des articles de journaux .: Les Causeries du lundi, de M. Sainte-Beuve.
On trouvera dans ce volume le même esprit d'indépendance, les mêmes doctrines et la même impartialité qu[on a pu remarquer dans ceux qui sont sous les yeux du public. Je ne défends systématiquement aucune école particulière, je n'appartiens tout entier à aucune fraction de l'art, à aucune famille de la fantaisie