‹ Critique philosophiqueChapitre 8 sur 164 · CONTENU DE U PREMIERE LIVRAISON DE · texte numérisé non relu

CONTENU DE U PREMIERE LIVRAISON DE

Les réclamations de la conscience religieuse dans le sein du parti libéral, par /.•F. Â9tié. — Théologie de l'Ancien Testament, de G. -F. (Ehler, par Paul Chapuis. — Doctrine chrétienne, de J.-P. Romang, par/.V. Parander, — Les orthodoxes et les unitaires en Amérique. — Explication de Rom. IV, S5, par A. O. — Bulletin* — Théologie, — La liberté religieuse en Europe depuis 4870, de E. de Pressensé. — L'incrédulité moderne et les meilleurs moyens de la combattre, de Théodore Christlieb. — La constitution presbytérienne synodale de Téglise évangélique dans TAliemagne du Nord, du D' H. Heppe. — Jean Eberlin de Gunibourg, de B. Riggenbach. — Thèses académiques. *— Le retour de Christ, d'après les deux épltres aux Thessaloniciens, par Paul Galley. — La tradition biblique du déluge et ses rapports avec quelques traditions profanes, par William Bmer. — Les relations entre l'église et l'état, à Genéye, au temps de Calvin, par Fréd, TissoU — Programme de la Société théologique Teyler, de Harlem, pour l'année 1876.

THE FORTNIGHTLY REVJEW Edited by John Horley (London, Chapman and Hall, 493, Piccadilly).

SOMMAIRE nu NUMÉRO DE DÉCEMBRE 4875

Un mot sur Alexandre Dyce, par John Forster. — La vériuble question d'Orient, par Edward A. Freeman. — Le juste et Tinjuste, par le professeur CUffard. — La Guyane HoUandaise, par W. Giffard Palgraioe. — Les télégraphes de l'administration des postes, par le professeur Jetions. — La valeur de l'organisation politique, par Leslie Stephmi, — Les Lettres provinciales, par H, D, Tratll.

Le rédacteur ^gérant : F. PiLio^.

iae:i. — > rMrKiiicaiB ^e b. maitiket, kob MioHeRi S

b— ANNÉE. 2d rÉVRIKR 1 876. No A

POLITIQUE, SCIENTIFIQUE, LITTÉRAIRE

UL GAUSB BT LA SlOISTANGS DANS LIS SOIBNCXS

Puisque le déterminisme des faits est le caractère de tout ce qui peut entrer dans le domaine d'une science, et qu'ainsi la loi des lois naturelles, pour ainsi parler, consiste en ce que les phénomènes y. sont constamment déterminés les uns par les autres, et toujours de la même manière, dans leurs rapports ou de coexistence ou de succession, il est facile d'expliquer ce que c'est qu'une loi de la nature. C'est en effet cela même que nous venons de dire, mais considéré dans un cas particulier, dans un groupe particulier de faits, de ces faits mutuellement dépendants, dans la conception ou dans Tobservation desquels nous ne sommes pas obligés d'en faire intervenir d'autres dont ils dépendraient aussi. Ce n'est pas qu'une telle séparation soit réelle au fond, ou qu'il faille absolument la feindre, mais on fait abstraction de certaines dépendances pour en étudier d'autres; on s'assure de la manière dont certains faits varient en relation avec d'autres, quand en dehors de ceuxci et de ceux-là on peut supposer sans inconvénient que tout le reste demeure le même. Gela suffit, et c'est ce qui s'appelle reconnaître ou explorer une loi naturelle.

La langue de l'analyse mathématique fournit un terme à la fois d'une entière généralité et d'une parfaite justesse pour exprimer le fait et le concept de ces assemblages de phénomènes, considérés dans les groupes où ils dépendent les uns des autres, et où. les variations des uns dépendent des variations des autres. II doit nécessairement en être ainsi^ puisque cette analyse est une science non-seulement constituée maïs achevée dans sa méthode, et que son objet est précisément de marquer par des signes spéciaux les relations^ les déterminations mutuelles, les variations corrélatives de certains faits considérés abstractivement; d'écrire par conséquent les lois de ces faits, et puis de les faire servir sous cette forme à l'exploration des conséquences et à l'établissement des prévisions certaines. Les relations ainsi envisagées se nomment

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des fonctions, et l'on dit que le phénomène dont la détermination et le» variations dépendent de la détermination et des variations de certains autres est une fonction de ceux-ci. Il est yr^i que l^s (opctions mathé^ matiques ne sont jamais quç des fonctions de qwmtitésy et ii'e:Kpriment que le déterminisme des quantités des choses mutuellement dépendantes; mais alors môme que ee déterminisme ne serait pas lié comme il l'est dans la nature à celui des qualités, il serait toujours permis et très-utile de faire servir à l'expression de toutes les déterminations possibles le vocabulaire que s'est donné celle des sciences qui s'est proposé l'investigation du déterminisme le plus complet, le plus exacte exprimé sous la forme la plus abstraite et la plus générale de toutes.

Une loi naturelle est donc une fonction de divers phénomènes liés, de quelque espèce qu'ils soient^ pourvu que l'on oonQoive que Tun d'entre eux est déterminé quand d'autres sont déterminés; que l'un varie d'une certaine manière, toiyours la même (toutes choses égales d'ailleurs)^ quand d'autres varient d'une certaine autre manière en qualité ou en quantité.

Par exemple, la loi de la gravitation est une fonction, en ce que des corps régis par cette loi sont liés entre eux en certaines de leurs quantités constituantes, ou des quantités qui se rapportent à eux, dans le temps et dans l'espace, et que la détermination des uns, quant à ces rapports^ entraîne la détermination des autres, et toujours la môme détermination. Si partant d'un ordre donné entre eux, on conçoit la distance de l'un d'eux changée, il faut que son mouvement et les mouve-* ments des autres se modifient en conséquence. Si l'on suppose à l'un d'eux une certaine masse et non pas une autre, il faut qu'on admette aussi» dans les phénomènes que présentent les autres^ des modifications que la fonction règle et qu'elle fait connaître.

Supposons un corps soumis à l'action d'un mélange réfrigérant. Le mouvement interne des molécules de ce corps et le volume auquel il s^ fixera, dépendront de sa nature et de' celle des corps formant le mélange des modifications de ces derniers au cours de l'expérience, des diverses températures initiales et enfin de la pression donnée ou exercée. Le volume obtenu est donc une fonction des faits que nous avons énumé^ rés. Dans certains cas, ce n'est pas un simple changement de volume que nous obtiendrons, c'est un changement de constitutipn physique; il nous viendra un carps d'apparence nouvelle» ayant des propriétés en partie fort différentes de celles qu'il avait. Si nous chauifons, au lieu de refroidir^ il pourra se faire que ce corps change môme entièrement de nature^ c'est-à-dire se décompose et laisse à sa place des corps nouveaux à propriétés assez différentes des anciens pour être appelés d'autres corps. Dans ce dernier cas, la substance môme est ohangée^ et l'on peut dire que U substance» au sens plyrsico-chin^que d9 ce mot, est une

DK M VJÊTHODK SCIBNTIFIÛUB* 51

fooetion de la température, c'estrà^dire une fonoUon des autres corps ou des modifications des autres corps qui font varier ce qu'on appelle la température.

L'idée de fonction ainsi donnée pour définition ou éclaircissement de ridée de loi naturelle nous conduit donc & considérer sous Taspect de hk non-seulement le devenir réglé des phénomènes et leur causalité, mais aussi leurs modes de composition actuelle en de certains groupes ; non-seulement les ohangements survenant blux corps, mais leurs propriétés, non-seulement les eumest mais les êtres défims^ les substances^ en tant qu'elles se caractérisent par des phénomènes déterminés*

Et quand noua parvenons, en disposant artificiellement du jeu de cer* taines loîs^ à ce qui est ou nous parait être^ au point de vue de la qualité ^ car au point de vue de la quantité nous n'y arrivons même pas, — les derniers éléments de composition des corps , il devient plus clair que jamais que ce que nous saisissons est simplement une loi. En effet» nous n'assignons et ne définissons, dans l'élément du chimiste^ ni un état physique fixe, ni une propriété fixe, en ce sens qu'on puisse considérer oet étal, cette propriété, autrement que comme des relations variables selon les conditions établies et les rencontres. Seulement ces relations qui constituent les seules idées positives que nous ayons, et même les lenles que nous puissions concevoir, pour la définition des corps élé- UMmlairee, relations entre eux, relations à notre sensibilité, phénomènes de déterjmination réciproque, ces relations sont toiyours les mêmes dans les mèioes conditions, pour les mômes rencontres; mais cette espèce d'identité, et il n'y en a point d'autre qui soit connaissable, est précisément ce que nons appelons une [loi naturelle.

Cette conclusion n'est pas particulière aux corps inorganiques* Les corps organisés ont cela seulement de plus que les autres qu'ils possèdent une loi de développement propre et interne. Mais le caractère de loi n'y est que plus sensible, d'une part, à cause de l'enchaînement réglé des pbéoomènes qui s'étendent du moment de l'apparition d'un germe à celui de la mort d'un être vivant; d'une autre part, à raison de l'impossibilité de prendre de la vie une idée exacte en dehors de la définition empirique et de la description du tout et des parties de l'évolution dans laquelle elle se manifeste. Chaque phénomène déterminé d'un eorps vivant est une fonction de phénomènes antérieurs et de conditions enveloppantes. Leur série est une loi en acte, une fonction de fonctions extrêmement complexe. La méthode scientifique aurait atteint son but et épuisé ses ressources en parvenant à décrire toutes ces fonctions depuis l'origine et à déterminer toutes ces conditions ; la méthode scientifique s'évanouit dans les spéculations qui tentent de dépasser l'investigation des lois des phénomènes, et de fixer des êtres ou substances, définia aatremeat que par la définition même de ces lois.

Cette conclusion n*est pas plus particulière aux organismes qu'aux corps inorganiques. Elle s'étend aux phénomènes déterminés possibles de tous les genres, parce que tous dépendent d'autres phénomènes, qu'ils en dépendent d'une manière réglée et constante» qu*on ne peut les connaître et les définir que par ces relations, c'est-à-dire en les classant et les enfermant dans leurs lois, et qu'enfin les groupes et séries formés en vertu de ces lois (ou plutôt qui sont ces lois mêmes en acte) composent l'unique définition à notre portée des ôtres en lesquels s'assemblent et se distribuent les phénomènes observés; Tunique définition des actions^ qualités et facultés des causes et des substances; l'unique définition par conséquent de ces causes et substances mêmes.

Tout phénomène psychique est relatif à d'autres phénomènes psychiques^ et inconcevable si ce n'est en cette relation et par elle; — sans parler des relations d'ordre extérieur qui conditionnent, non dans le concept, mais en fait et suivant notre constante expérience les faits de Tordre représentatif en une personne donnée. Toute représentation consciente est le rapport d'un sujet à un objet. Toute conscience continuée est une mémoire^ et classe des sentiments, des sensations et des idées suivant une loi qu'on appelle de succession. Toute conscience s'applique à des phénomènes non-seulement internes^ mais imaginés en des rapports de localisation, ou position dans Tespace, qui s'étendent sans fia et ouvrent à la pensée un champ d'exploration dont toutes les parties, sont encore des rapports fixes, des lois. Les mouvements, que toute conscience également se représente, sont des rapports variables entre des rapports de position et des rapports de succession, et ces variations réglées sont des lois. Les comparaisons, les ressemblances et les différences, les attributions d'objets à d'autres objets, comme de qualités à substances, ou de parties à tout, sont encore le jeu d'une loi. L'abstraction et la généralisation, en formant des classes» mettent une loi en exercice. Le jugement et le raisonnement sont cet exercice même, et par conséquent cette loi même, qu'il est impossible d'en distinguer. £n parcourant ainsi toutes les fonctions de la conscience, on reconnaît qu'elles sont des fonctions des rapports qu'elles représentent, qu'elles sont des lois suivant lesquelles se groupent et s'enchaînent ces rapports, que de plus elles sont relatives les unes aux autres, et qu'enfin Tidée réelle et positive qu'on a d'une conscience n'est que l'idée d'une fonction de toutes ces fonctions et d'une loi vivante qui les assemble en les déroulant.

Ces fonctions, toutes déterminées^ ne trouvent de bornes que là où le déterminisme lui-même a sa limite, là où paraît dans la conscience ua pouvoir de modifier librement, à quelques égards et à quelques moments, le jeu de tout ce développement ordonné, sans toutefois en alté-. rer jamais la matière fondamentale et les lois constitutives, mais en

disposant seulement du choix et de la place de certains phénomènes pour faire partie de sa matière empirique et actuelle, et s'y ranger de manière à exercer une impérissable action sur les futurs.

Les idées scientiGques de loi et de fonction se substituent ainsi aux essences métaphysiques de cause et de mbsiance, dans tout ce qu*. permet i&ermtnation et définition. Le pbénoménisme, à savoir la méthode qui envisage la connaissance positive dans la détermination des phénomènes et des lois des phénomènes, est le vrai nom de la méthode scientifique. Sans doute, en dehors de cette méthode^ les notions de cause et de lobstance subsistent encore et représentent un réel intérêt de la pensée; mais c'est alors en revêtant un autre sens^ et non plus avec des accep* tiens propres aux définitions et aux investigations des sciences ou à cette partie de la philosophie qui ne s'écarte pas de leurs méthodes»

Considérons d'abord la cause. L'usage actuel, les polémiques actuelles, sont faits pour entretenir sur ce mot une grande équivoque. Quand nous parlons de la cause, pensons«nous à Tactivité en son vrai et unique fondement^ à la force, c'est-à-dire à l'idée de la force, telle qu'elle est donnée dans la conscience d'une volonté efficace? En ce cas, nous protestons contre le parti pris de l'école qui nie la cause; nous sommes avec Kaot contre Hume et Stuart Mill; nous reconnaissons des causes actives, qui ne sont pas des précédents quelconques suivis de conséquents invariables, mais bien des précédents d'une espèce très-particulière. Nous ne croyons pas, avec Spinoza, qu'il n'existe aucune différence entre la manière dont la figure du triangle détermine la valeur de la somme des angles du triangle, et la manière dont est déterminé le mouvement d'un animal qui s'élance sur sa proie.

Mais s'agit-il d'envisager, dans le rapport de la cause à Tefi'et, lafro?»sitùnté d'une vertu passant d'un sujet à un autre sujet qu'elle informe, et de confondre cette image, ce symbole, avec ce qu'il y a de réel dans la causalité, nous nous refusons à cette imagination des spiritualistes. Nous nions la came en ce sens.

Et si la question porte sur l'investigation de celles des causes naturelles qui sont du ressort de la mécanique, de la physique et de la chimie, nous nous rangeons entièrement à Técolc de Hume et de Stuart Mil], parce que nous pensons que les causes, dans le premier sens du mot, les causes actives et réelles, ne sont nullement l'objet de ces sciences, à supposer qu'elles soient pénétrables dans ce domaine de la aature. L'objet, ici, c'est le fait et la loi de la détermination, quel que paisse en être le dernier principe, c'est la recherche des conditions nécessaires et suffisantes de la production de chaque phénomène, l'établissement du rapport invariable d'un système d'antécédents à un système de conséquents. La cause, dans l'acception scientifique du mot, ne doit pas s'entendre autrement. L'équivoque est levée, et il ne serait peut-

5& vàtk MtmofiB sctnmFiQTjB*

être pas impossible aux écoles les plus opposées de se mettre d'acoord au moyen de ces distinctions.

La difficulté soulevée par la substance est de même genre. S'il faut dé* finir scientifiquement une substance, on n'y peut voir qu'un assemblage de qualités ou propriétés formant série dans le temps : une fonction, plus ou moins complexe, une loi, comme nous l'avons dit plus haut Le point de vue des sciences est le même que celui de la grammaire; un ensemble de qualités est de part et d'autre le sujet d'attribution d*une qualité qu'on sépare des autres par la pensée, et puis qu'on y réunit. Si Ton veut s'élever de l'idée des substances particulières à l'idée générale de substance, on trouve la notion universelle de VattrUution^ et la no* tion corrélative de la mbstantiation^ pour tout groupe ou toute série de qualités auxquels une qualité déterminée se rapporte.

Voilà donc la notion scientifique. Mais les philosophes demandent autre chose. Quoi donc? Ils veulent dans l'idée de substance trouver l'expression de l'idée ùHmmanmce et de permanence des phénomènes. Mais qu'ils y regardent bien ; ils trouveront que la notion de loi enfer» mant celles d'un enchaînement réglé que rien n'empêche d'être perpétuel, et d'une subordination de faits empiriques et successifs à des oon^ ditions premières et constantes dont ils dépendent, et dans lesquelles ils se classent et demeurent, cette notion par là même satisfait à tout ce qu'on peut réclamer d'exact et de défini pour représenter un immanent et un permanent.

Qu'exige-t-on de plus? la réalité d'un support pour les attributs et modes des choses, d'un support qui n'étant lui-même ni attribut ni mode^ ni composé d'attributs et de modes ne serait aucune chose. Mais c'est ici qu'on devrait bien réfléchir et se demander si l'on ne cède pas à l'illusion, d'ailleurs naturelle, de l'imagination qui parce qu'elle a besoin, dans tous les cas particuliers, d'un support fait de phénomènes» pour porter un phénomène qui se peut penser séparément, induit Ten-^ tenderaent à vouloir aussi, pour tous les phénomènes possibles, un support sans phénomènes et qui^ dans cette hypothèse, n'est plus rien de concevable. Un tel support n'est que la figure et le symbole de tout ce qu'une fonction et une loi ont de constant dans la suite et l'ensemble des phénomènes qu'elles enveloppent.

Enfin la substance peut prendre une dernière signification dans l'esprit, si ce n'est toujours dans les propres termes de ceux qui craignent d'abandonner une ancienne fiction. La substance, aux yeux de ceux-là, c'est la force généralement parlant, ou la force créatrice ; et en particulier, dans l'être intellectuel et moral, c'est ce qui commence et com» mande. Mais nous, nous verrions là bien plutôt la cause, dans son sens absolu et supérieur, que la substance. Ce fond de la réalité psychique primitive et indépendante, quelque réalité qu'on veuille d'ailleurs lui

JM BUGTIONS BU 20 FJÎVRISR. 55

attribuer^ est la négation, non pas l'affirmation de la substance. Celleci, cbeE tous les philosophes qui l'ont donnée pour fondement à leurs qiéculatioas, s'est toujours traduite par le concept de l'enchaînement sniversel et nécessaire de tous les phénomènes au sein d'une essence unique. L'histoire entière des systèmes en fait foi, et il n'y a rien de plus GODDQ. Or la force, la cause active et la liberté disparaissent ou ne sont plus que des mots dans ces systèmes»

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LES ËLfiCTIDNS DU 20 PËVRIBR

Les élections législatiTes du 20 février sont une grande victoire répu^ blicftine^ L'organe du papisme, V Univers^ a très*bien vu le sens et la portée de cette victoire. « Les journées de juillet 1830, dit-il, de février Ifttô, le k septembre 1870 n'ont été que des émeutes, le 20 février 1876 maïqiie l'avènement légal de la démagogie. C'est le triomphe de la Révo- Intiofl achevé en moins d'un siècle. Il n'y a plus de monarchie; tout gDOTernement a succombé; l'émeute s'est faite constitution... Cette démocratie dont on parle depuis quatre-vingts ans, qui coulait à pleins bords en Europe et qui était TeiTroi de tous les gouvernements, la voilà triomphante et légalement installée au pouvoir.. . Il faut bien le voir. Ce qui n'avait été jusqu'ici que l'œuvre de l'émeute victorieuse, le suffrage naiversel vient de le faire. La République, qui n'avait jamais pu s'élever que du milieu des barricades, est sortie cette fois des urnes! »

L'Église papiste sait, mieux que les révolutionnaires de tradition, la différence qui existe entre une république née violemment des barricades et une république sortie régulièrement et pacifiquement des urnes. Elle comprend à merveille qu'il ne lui est pas difficile d'avoir raison de la première. Elle s'inquiète beaucoup plus de la seconde, qui lui parait autrement résistante, et pressent, avec un sûr instinct, dans ce qu'elle appelle Vavénement légal de la démagogie, la révolution légale, le radicalime légal, une {<xce nouvelle avec laquelle elle n'avait pas encore eu à compter dans notre pays et qui semble ouvrir à notre histoire un cours imprévu, vraiment^ nouveau, déconcertant et désespérant pour les poli* ticieos habiles à jouer de 1» peur.

Unir la légalité à la Révolution, l'esprit légaliste à l'esprit juridique : là est le secret de la puissance durable pour la démocratie française. C'est la politique que ïkouH avons tOHJours recommandée dans la Çri- ^^fkHowpkifÊé, comme la seule conforme à une méthode striotement

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morale, et aussi comme la seule vraiment redoutable à toutes les ambitions et prétentions monarchiques, oligarchiques et théocratiques.

Cette politique, le parti républicain Ta adoptée et suivie. Il ne peut aujourd'hui que s'en applaudir. Qu'il n'oublie pas que sa victoire du 20 février 1876 est, en grande parlie, le résultat de la transaction du 25 février 1875. Il ne faut pas se lasser de le répéter, en face d'ineptes accusalions, cette transaction était, à quelque point de vue qu'on se place, absolument légitime. Ce ne sont pas des principes qui ont été sacriûés, le 25 février 1875, par les représentants républicains, ce sont des préjugés : préjugé contre le dualisme législatif, préjugé contre le suffrage universel indirect Et il a été bien heureux que ce sacrifice de préjugés ait été cru nécessaire; car le vote d'une constitution républicaine devait nécessairement fortifier dans le pays la situation électorale des républicains, en même temps qu'il affaiblissait celle des bonapartistes. Dans bien des endroits, on a pu le voir, il n'a pas été inutile au triomphe que les combattants de la démocratie se présentassent dans la lice revêtus, pour ainsi dire, et armés d'une constitution. F. Pillon.

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