‹ Croisade du XIXe siècleChapitre 8 sur 8 · CHRÉTIENNE · texte numérisé non relu

CHRÉTIENNE

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La Tribu chrétienne se constituera avec les élémens matériels qu'il plaira k Dieu de mettre k la

disposition de ses fondateurs ; mais elle tendra , dans son développement ultérieur, k présenter le modèle de la plus grande association agricole possible, vu qu'il s'agit d'appliquer k ce nouveau mode d'exploitation rurale deux ressorts qui , jusqu'à présent , se sont exclus l'un l'autre ; savoir : le principe d'activité propre k la petite culture , et les procédés économiques qui ne sont praticables que dans la grande.

Les personnes ayant l'iotelligence du grand intérêt religieux et social qui s'attache k cette institution nouvelle, et qui y concourront de leurs deniers, seront reconnues comme bienfaiteurs de l'Œuvre , et elles demeureraient tels par le fait , si le résultat matériel qu'on est fondé a en attendre venait k manquer, c'estk-dire si , au lieu de réussir k donner au travail une organisation productive de richesse , l'on ne parvenait qu'k fonder une institution de charité chrétienue.

Mais , dans le cas contraire , s'il devient démontré que le travail organisé selon l'esprit du Christianisme est productif de beaucoup plus de richesse que le travail incohérent, les bienfaiteurs de l'étabUssement jouiront dans l'association de tous les avantages matériels attadiés , suivant la règle ordinaire , aux apports pécuniaires et k la propriété du sol.

Si les circonstances font une loi de fonder la Tribu chrétienne sur une petite échelle , elle se composera dans le principe : 1^ du nombre indispensable de personnes adultes, tant ecclésiastiques que laïques, destinées it instruire Tenfance et à la mettre sur la voie de l'association et du travail unitaire; 2* de trente ou quarante enfans des deux sexes , depuis Tàge de deux jusqu'à celui de douze ans. Ce personnel de fondation s'augmentera progressivement , au fiir et à mesure que les capitaux et les sujets dévoués et intelligens viendrool ultérieurement concourir \k l'Œuvre ; mm plus psyrticulièrement encore , au fur et à mesure que les priac^s d'orgamsation sociale décrits dans Fa Croisade du xiV siècle recetroBt leur application pratique.

Dès qu'un enfant sera admis dans la Tribu chrétienne , il sera considéré comme membre dé l'Association , et , à ce titre , il lui sera ouvert un compte par doit et orotr. Tant que les frais de son entretien eieèder^Hit la saoune versée a son {vofit à la caisse de la Société ^ soit par sa &mitle , soit par TéiablisM*nant fîMâc ^oà il pvonent , jotste k h vsimr éeson travail , U demeurera débiteur d» fonds social ; nais , du moment oà , en vertu de ce même compte , il se trouvera libéré des semons qu'il a pu ccèler k I Insthii"

tion , il participera aux bénéfices généraux , proportionnellement it la valeur de son concours personnel dans l'entreprise sociale.

A mesure que les enfans admis dans la Tribu chrétienne se formeront, et que les vertus et Tintelligenc^ cultivées en eux les rendront plus aptes aux manœuvres du travail unitaire , Tlnstitution accomplira son développement , jusqu'à ce qu'elle soit pourvue dé tous les rouages nécessaires k un mécanisme social complet , sous les rapports religieux , artistique , in«dustriel et scientifique.

C'est alors qu'on pourra fonder avec certitude de nouvelles institutions semblables, d'après le même principe , ou mieux encore subdiviser la première , afin d'employer ses fractions k servir de noyau de fondation k d'autres, soit en France, soit à l'étranger.

Bien que la Tribu chrétienne soit une fondation d'un intérêt plutôt social qu'agricole , et que l'excellence de son principe constitutif puisse se démontrer dans toutes les circonstances locales où elle se trouverait placée , néanmoins on a dû chercher à réunir le plus d'élémens matériels de succès que faire se peut ; c'est pourquoi l'on s'est attaché k en jeter les premiers fondemens dans une localité éminemnimt

fayorable ^ la spéculation agricole et ^ Téconomie des moyens de subsistance.

N. B. Un propriétaire de la Basse-Bretagne a fait don b la Tribu chrétienne de vingt hectares de terrain dune très bonne nature , et susceptible d'irrigation dans toute son étendue. C'e^t vraisemblablement autant de terre qu'il en faut au début de l'Institution , surtout si Ton ne dispose que d'un modique capital et si le personnel est peu nombreux ; mais, du moment où l'Institution commencera à prendre l'extension à laquelle elle est appelée et où cet espace superficiel sera jugé insufiisant , le même propriétaire s'engage à céder à l'Association de nouvelles portions de terrain contiguês à la première , jusqu'à la concurrence de 4:00 hectares. Les derniers terrains en question seront estimés a dire d'experts ; les experts chargés de cette estimation seront nommés , soit par le conseil d'administration , soit par les magistrats locaux, et leur décision fera loi pour les parties eonUractantes. Enfin, l'administration de la Tribu sera libre d'en opérer le paiement au comptant OH à terme, en principal ou en intérêts annuels, bref, suivant le mode qui sera le plus à sa convenance.

La direction de la Tribu chrétienne est confiée à rhomme qui en a conçu la pensée, qui est censé avoir Tintelligence la plus complète de son mode d'organisation, et qui consent k se constituer père adoptif de tous les enfans admis k faire partie de r Association. Il est seul chargé de l'organisation du travail et de la direction deTensemble. Il ordonne les dépenses, apure les comptes des caissiers et agens comptables; mais il ne peut être chargé d'aucun maniement de fonds.

La comptabilité, la caisse et le maniement des fonds forment l'attribution spéciale d'un agent ad hoc nommé par tous les co-intéressés , suivant un mode qui sera fixé , lors de la première réunion des fondateurs.

L'instruction religieuse sera confiée a un ou plu-^ sieurs ecclésiastiques séculiers ou réguliers. Ces mêmes ecclésiastiques desserviront la chapelle de l'Établissement et auront la direction spirituelle de toute la Tribu, sous l'autorité et la surveillance del'évéque diocésain.

En conséquence, Torg^isation sociale , la compta-

bilité et la direcUon spirituelie (Mmstituent autant d'attributioDS distincles qui ne peuvent pas se confondre dans les mêmes mains. Il ne saurait résulter de cette division des pouvoirs aucun conflit , si le chef temporel de la Tribu , en qui réside le principe d'unité , est un catholique sincèrement soumis, aux décisions de^ VËglise, et ami de la justice en matière ^^inistrative.

Les personnes qui désirent concourir à la fondation de la Tribu chrétienne voudront bien faire connaître leur adhésion par lettres affranchies adressées à M. Bonnetty, directeur de Y Université catholique, rue Saint-Guillaume , n® 24 . ou à M. Miorcec de Kerdanet , k Lesneven (Finistère). Il en sera de même des envois de fonds, demandes de renseignemens et offres de sujets.

Le conseil de fondation de la Tribu chrétienne se compose provisoirement de MM. les Directeurs de VUniver site catholique et Louis Rousseau.

Une première réunion du conseil présidé par Tune des personnes sus-indiquées , aura lieu dans le courant de janvier 1842. La date et le lieu de la réunion

seront annoncés , un mois à Tavance , par la voie (tes journaux et par lettres adressées aux personnes qui se seront inscrites comme bienfaiteurs de l'Œuvre , lesquelles seront admises de droit à la délibération. Cette première séance sera consacrée k nommer le conseil définitif, à discuter les statq||de Tlnstitation, et à arrétef^Jes 'moyens de la faire concorder avec la législation actuelle.

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