‹ Croix et swastika en ChineChapitre 31 sur 136 · II. LE flj DiCORATIF -— COMBINÉ · texte numérisé non relu

II. LE flj DiCORATIF -— COMBINÉ

Il se souviendra aussi que plus d'un peintre, plus d'un architecte moderne, séduit par leur grand effet décoratif, s'est contenté de reproduire telle frise à s'wastikas, ombrés et figurés parfois avec leur déformation perspective.

Il va sans dire que cette grecque, si souvent nommée, est en réalité le lei-wen ^ ^ des Chinois. Et nous nous en occupons ici un peu plus longuement ; car plusieurs de nos faux \f{ ne sont dûs, croyons-nous, qu'à des variations sur ce thème original de la grecquBj que l'on devrait plus justement appeler une chinoise, si Ton en croyait les habitants du Céleste Empire, tellement ils la considèrent comme particulière à leur art indigène.

Eug. Flandin, dans son Voyage en Mésopotamie (1), mentionne des grecques sur des monuments de cette région, grecques qui seraient ainsi d'origine ninivite. Il est vrai que M. Terrien de la Couperie émet une opinion quelque peu différente : «Le principal ornement de l'art chinois, dit-il, est une sorte de grecque ou méandre,,, qui semble congénial avec le goût chinois. Ils l'appellent le yien-let-wen ^ Ç "5^» ornement du tonnerre et des nuages. Ils expliquent qu'il dérive de quelque ancien symbole signifiant le tonnerre. Bien que nous puissions refuser d'admettre cette explication, il nous faut avouer que la grecque peut être originaire de Chine; puisque c'est une forme si simple qu'elle s'est présentée plusieurs fois indépendamment et spontanément un peu partout.» Nous avons appliqué cette observation au plj auquel elle convient a fortiori (2). «Il est assez curieux de remarquer que la grecque est presque inconnue dans l'art assyro-babylonien ; mais qu'on la rencontre souvent dans l'ancienne Egypte, en Judée, à Hissarlik, en Grèce, et aussi, sous une forme recourbée, sur des bronzes primitifs du Danemark.» (3).

Millin d'abord (4), Pauthier ensuite, ont attiré l'attention sur ces ressemblances entre des arts si différents. Â propos d'un vase contemporain de la Guerre de Troie, (5) ils suggèrent, avec

(1) Cf. Le Tour du Monde, 1861. 2« semestre ; p. 78.

(2) Pins justement encore elle s'applique à la croix, ornement plus simple que la grecque et le 31 » dont elle est le point de départ à tous deux. Maspéro (VMréhéologie égyptienne p. 281, fig. 201), prouve, par un exemple frappant, que la croix était un des éléments de V Oi^nementation courante en Egypte. Sans grands frais d'érudition, on pourrait étendre la preuve à toute l'antiquité.

(3) Western origin of tke early Chinese civilisation, p. 72.

(4) Cf. également, de Millin ; AUcls d'un voyage dans le midi de la France. Imprimé en 1807. Une mosaïque encadrant le combat de Thésée et du Minotaure, (trouvée à Aix en 1790), est composée d'entrelacs que Von dirait chinois.

(5) Pauthier ; Chine moderne T. I. p. 205.

40 CHOIX ET SWASTIKA.

quelques bonnes observations de détail, plusieurs explications bizarres, excusables pourtant chez Millin, vu l'état des recherches archéologiques à son époque. (1).

Peut-être serait-ce ici le cas de produire certains hoa-ts'iang :^ y, murs à compartiments ajourés, où ces Flj résultent du hasard seul de la construction, ordonnée à un autre but, ou bien du caprice du maçon qui les a combinés. Les modèles en sont des plus variés ; en admirant la souplesse et l'imprévu du dessin de ces claires-voies, on se prend à souhaiter que l'architecture européenne s'en approprie plus souvent les ressources charmantes et presque inânies. Les découpages de certaines fenêtres grécobyzantines, les entrelacs persans et mauresques à jour, des vitrages à ta mise en plomb un peu lourde, les meneaux fleuris du style gothique flamboyant et Renaissance, mais, avec plus d'évidence encore, certaines œuvres chinoises elles-mêmes, montrent l'heureux parti décoratif qu'on en pourrait tirer. Si la place ne nous faisait défaut, nous ,

nous arrêterions spécialement à celles de ces clairesvoies où l'œil arrive sans grand effort, k découvrir notre croix (gammée. De même, dans ce découpage ajouré en bois, si souvent exécuté par tout menuisier en Chine, les vides, les clairs en langage technique, figurent des croix grecques, tandis que les pleins dessinent des fti. (fig. 77).

Les dessins de nombreuses tapisseries antiques, conservés grâce aux bas-reliefs exhumés à Nimroud, ne sont pas sans analogie avec certaines combinaisons chinoises.

Quelques-uns des carreaux d'une étoffe à compartiments, donnée par le Wen miao se tien k'ao J j|i i£ A ^ comme provenant du tribut d'anciens rois vassaux du Fils du ciel, sont oméa du ^

(1) Mmmmtittg mtiqiut iÊtidit* T. L p. 132.

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