‹ Cromwell: drameChapitre 100 sur 253 · ACTE III , SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE III , SCÈNE II

Du Créateur suprême émule audacieux,

Un monde entre Tenfer et la terre et les cieux !

tORD ROCHESTER, à part.

Que diable dit-ii là?

HANNIBAL SESTHEAD, aUX boufflitlS,

Risible enthousiaste !

CROHWELL.

// regarde JUilton en hamsant les épaules.

C'est un fort bon écrit que votre Iconoclaste. Quant à votre grand diable, autre Lévialhan, —

// rit.

C'est mauvais.

MiLTON, indigné, entre ses dents.

C'est Cromwell qui rit de mon Satan î LORD R0GHB8TER, s'appvochant de Milton.

Monsieur Milton!

MILTON, sans l'entendre, et tourné vers CromweU.

11 parle ainsi par jalousie!

LORD ROCH ESTER, à MUton qut V écoute d'un air distrait. Vous ne comprenez pas, d'honneur, la poésie.

Vous avez de Tesprit, il vous manque du goût. Écoutez : — les Français sont nos maîtres en tout. Étudiez Racan ! Lisez ses Bergeries.

Qu'Aminte avec Tircis erre dans vos prairies. Qu'elle y mène un mouton au bout d'un ruban bleu. Mais Eve I mais Adam! Tenfer ! un lac de feu ! C'est hideux! Satan nud et ses ailes roussies!... — Passe au moins s'il cachait ses formes adoucies Sous quelque habit galant, et s'il portait encor Sur une ample perruque un casque à pointes d'or, Une jaquette aurore, un manteau de Florence, Ainsi qu'il me souvient, dans l'Opéra de France, Dont naguère à Paris la cour nous régala, Avoir vu le Soleil en habit de gala !

MILTON, étonné. Qu'est-ce que ce jargon de faconde mondaine Dans la bouche d'un saint?

LORD ROciiESTER, à part et se mordant les lèvres.

Encore une fredaine !

Mt CROMWEtL.

Il a mal écouté, par boidieur; mats Umjouni Au grave Obededom Rocheater fait des toufd.

Haut à Milton.

Monsieur, je plaisantais !

MILTON

Sotte est la raillerie !

A part et toujours tourné vers Crormuell.

Comme Olivier me traite ! — Eh î qu'est-ce, je vous prie. Que gouverner l'Europe, au fait? — Jeux enfantins! Je voudrais bien le voir faire des vers latins Comme moi I

Pendant ce colloque, Cromtvell s'entretient avec Whitelocke et Pierpoint; Hannibal Sestlieetd avec les bouffons,

caoMWBLL, brusqumnêni, Çà, Messieurs. Voyons ! il faut qu'on rto.

BoulSMiftl trouvez-moi dono quelques plaisanterieB. — Sir Annibai SestJieadL..

HANNIBAL SE^TQiiAP, d'un air piqué.

Seigneur, excu^ez^moi, Je ne sui» point bouffon, je suis cousin d'un roi, D'un it>i de race antique, et qui, saf)9 vous déplaire. Régit le Danemarck par un droit séculaire 1

GROiiwvLL^ 99 mordant le$ lèvres, à part.

Je comprends ! il m'outrage 1 Ab 1 pourquoi mon courroux Ne saurait^ii l'atteindre!

Rudement augo bouffom.

Allons! riez donc, vous I LBfl BOUFFONS, riant, Hal bal ha!

caoMWBLL, à part.

Mais leur rire est, je croîs, sardopique.

Haut avec colère aux bouffons.

Taisez-vous !

Les bouffons se taisent. Cromwdl poursuit avec hunmr,

C'est Milton, ce chantre satanique, Qui nous trouble la lôte avec ses visions!

MilUm se retourne fièrement vers Cromwell, qui reprend.

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