‹ Cromwell: drameChapitre 112 sur 253 · ACTE III , SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE III , SCÈNE V

On ne te lut jamais , dans le procès du Roi , La liste de la cour,... des juges,... de ceux... ?

LADT FRANCIS.

Quoil Des régicides?

CBOMAVELL.

Oui, Francis,... des régicides I

LADT FRANCIS.

Personne ne m'a dit quels étaient ces perfides. Je maudissais leur crime et j'ignorais leurs noms. On ne parlait point d'eux aux lieux d'où nous venons.

Ma sœur ne vous parlait jamais de moi ?

LADT FRANCIS.

Mon père 1 Qui dit cela? J'appris à vous aimer...

J'espère...

Oui. — Mais tu hais donc bien ces sujets si hardis Qui condamnèrent Charte?...

LADT FRANCIS,

Ah ! qu'ils soient tous maudits I

Tous?

LADT FRANCIS.

Oui, tousl

CROMWELL^ à part.

Quoi I frappé dans ma propre famille !

Quoi ! trahi par mon fils et maudit par ma fille I

LADT FRANCIS.

Que chacun d'eux ressemble à Caïn le banni I

CROMWELL, à part.

Implacable innocence ! — On me croit impuni ! Ma fille la plus chère et la dernière née Semble une conscience à mes pas acharnée.

La candeur d'une enfant , son œil naïf, sa voix , Font trembler ce Cromwell , l'épouvante des rois î Devant sa pureté toute ma force expire.

Dois-je perêévérer? — Dois-je saisir l'empire? Prosterné sous le trône où je serais assis ,

tu OROMWELL.

Le monde se tairait : -^ mais que dirait Francis? Que dirait son regard , doux comme bb parole « Et qui m'enchante encore alors qu'il me désole? Chère enfant ! que son cœur saurait avec effroi Que je suis régicide , et que j'ose être roi ! Dans sa province obscure il faut qu'on la ^envoie. Au but de mon destin sacrifions ma joie , Privons mes derniers ans de ses soins que j'aimais. N'attristons pas surtout , ne détrompons jamais Le seul être qui m'aime encôr sans ma puissance , Et danii le tnotide entier croie â moh innocence ! Ange heureux! que mon sort ne touche pas au sien ! II le faut : soyons roi sans qu'elle en sache rien.

Haut à Francis, Conserve ce eœur pur! je t'aime ainsi, ma fille!

Il iort.

LADY FRANCIS^ {• mivttnt du regard.

Qu'a-t^ll ? C'est dans ses yeux une larme qui brille ! Bon pèrel tl m'aime taatl

Entrent dame Guggligoy et lord RochéH&t,

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