ACTE IV, SCÈNE III
LORD ORMOND
Les cavali&rs inquiets se groupent autour de lui. En de pareils projets sitôt qu'on se hasarde, Reculer c'est tout perdre ! —Il le faut, avançons.
Il marche de nouveau vers Cromtoell,
CROMWBLL.
Trop de facilité donnerait des soupçons.
A Ormond qui. s avance.
Qui va là?
Cologne!
CROMWELL , à part.
Ah ! comment les tromperal-je?
Sans ce mot d'ordre enfin comment les prendre au piège ? LORD ORMOND, bas aux cavaliers qui se sont retirés à
droite dans le coin du théâtre.
Toujours même silence !
LORD CLIFFORD, has et vivement.
Eh bien! tuons un peu La sentinelle!
jENKiNS, bas à Clifford.
Eh quoi! jeter une âme à Dieu, Sans qu'elle ait seulement pu dire une prière! LORD CLIFFORD, bas à Jmkins,
Qu'importe!
LORD ORMOND, bas à CHfford.
Mais frapper un homme par derrière !
LORD CLIFFORD, bas à Ormond»
Il faut passer, Mylord. Pour lui j'en suis fâché.
TOUS, bas à Ormond.
Oui] tuons le soldat!
IBNKINS, bas aux cavaliers.
Tout souillé de péché, L'envoyer à son juge !
TOUS, bas à Jenkins.
Il le faut! oui, qu'il meure!
Que disent-ils là ?
Les cavaliers tirent leurs poignards et s'avancent vers Cromwell. — Sir William Murray les arrête,
SIR WILLIAM MURRAY
Sauf opinion meilleure, Vous avez tort. Cet homme est à nous, j'en suis sûr. Autrement, nous voyant groupés devant ce mur, Il eût depuis long-temps déjà donné l'alarme. Nul doute qu'un peu d'or, Messieurs, ne le désarme. Il n'est à craindre ici que pour nos carolus. II se tait, — c'est qu'il veut quelques doublons de plus. S'il fait la sourde oreille à votre mot de passe, C'est que des puritains il a l'humeur rapace. Or, il vaut mieux payer un nouveau sauf-conduit Que de le poignarder, — ce qui ferait du bruit.
LORD ROSBBERRY.
Sir William a raison. Le mal-appris, en somme, Ne se gênerait pas pour crier qu'on l'assomme.
LORD CLIFFORD, soupirant.
Eh bien! laissons-nous donc rançonner!