‹ Cromwell: drameChapitre 210 sur 253 · ACTE V, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VII

GIRAFF.

Pour peu que Gramadoch garde un air de noblesse, Il aura Tair d'un fou qui mène un sage en lesse.

ELESPURU.

Le fou sera devant !

Mais pourquoi donc, enfin, Cromwell fait-il porter sa queue ?

ELESPURU.

Hé 1 Trick est fin I C'est afin d'empêcher que sa robe royale Ne traîne dans la boue, en balayant la salle.

TRICK

Je comprends : le motif me semble naturel.

Mais qui l'empêchera de traîner sur Cromwell ?

GIRAFF.

Ormond l'eût fait !

ELESPURU.

Oui, mais Cromwell l'envoie au diable.

Pieds nus, la corde au cou, faire amende honorable.

GIRAFF.

Pauvre homme ! Est^il déjà pendu ?

TRICK

Non.

GIRAFF.

Ah ! tant mieux I Quand nous aurons ici clos ce drame ennuyeux. Nous sortirons peut-être à temps pour le voir pendre. Il faut bien rire un peu I

TRICK

Messires, à tout prendre.

Nous pourrions bien, je crois, trouver à rire ici. La mort à Westminster joûra son rôle aussi !

Si j'ai bons yeux, Cromwell marche droit à sa perte , Sa fortune indignée à la fin le déserte.

Je viens de parcourir Londres dans tous les sens. Partout, le deuil au front, s'abordent les passants. J'ai vu dans Templcbar, au Strand, à Gate-House, Rugir au nom de Roi la milice jalouse.

Contre Olivier, dans l'ombre échangeant leurs signaux,

Les partis ont déjà renoué leurs anneaux.

Tout menace.

BLESPURIT.

Et le peuple ?

TRICK

Il regarde : — il ressemble Au léopard <iui voit deui loups lutter ensemble. Il attend, et les laisse en paix m déchifer, Content que le vaincu lui reste à dévorer.

Bref : — la mine est creusée, et, si je ne me flatte, Sous les pieds d'Olivier c'est ici qu'elle éclate î

GiHAFP, joyeux.

Quel bruit vont faire ensemble et les fous et les saints ! Ils choqueront le glaive et nous battrons des mains !

ELBSPUaU.

// chante.

Prends garde, Olivier, mon maître I i

Tout traître enfin trouTe un traître!

C'est par les démons peut-être

Que ce trône fut hâti.

La mort en dressa Testrade :

Il peut en lit de parade

Être soudain converti.

Sur ce fatal édifice

Plane un secret maléfice :

Ton étoile aura menti.

Autour de ce palais sombre,

Des sorcières ont dans l'ombre

Dit leur magique alphabet.

Sous ces housses violettes,

Sous ce dais plein de paillettes,

On trouverait des squelettes,

Si cette pourpre tombait;

Et sur ces degrés perfides,

Ce tapis aux plis splendides

Cache à tes pas régicides

Une échelle de gibet !

TRICK ET GiRAFF, apploudtssant.

C'est charmant I

A propos , Messires ! une idée :

Elespuru et Giraff se rapprochent de Trick dans r attitude de V attention.

Pendant que Gramadoch, plus haut d'une coudée,

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