‹ Cromwell: drameChapitre 217 sur 253 · DEUXIÈME FEMME · texte numérisé non relu

DEUXIÈME FEMME

Et ces Égyptiens qui s'en venaient par bafides Au jardin du Mûrier danser des sarabandes.

LE SOLDAT

Le vieux soldat, qui jusqu'alors est resté immobile, fait

un pas vers ks femmes, et s'écrie d'une voix tonnante. Taisez-vous, femmes 1

Mouvement de surprise dans le groupe.

PREMIER BOURGEOIS

Quoi I c'est un soldat, je crois ?

DEUXIÈME BOURGEOIS

Qu'a-t-il à remontrer aux femmes des bourgeois ?

LE SOLDAT, uux bourgeoîs.

Taisez- vous, femmes!

LES BOUIVGEOIS.

Nous, des femmes ?

LE .SOLDAT

Oui, des femmes!

Vous, plus qu'elles encor 1

Montrant les femmes.

Ce sont de pauvres âmes ; Mais que dire de vous, qui ne les surpassez Qu'en air de folle joie et qu'en ris insensés ?

ovERTON, frappant sur l'épaule du soldat.

Bien ! — On vous a sans doute abreuvé d'injustices, Mon brave ? — Comme nous, après de vieux services, On vous a réformé ? privé de votre emploi ?...

LE SOLDAT

On fait bien plus encore ; on veut régner sur moi !

ovERTON, à la foule.

II a raison, amis I En effet. est>ce l'heure De rire quand Dieu tonne et quand Israël pleure ? Quand un homme, opprimant ceux qui l'ont protégé, Vient imposer un trône au peuple surchargé ?

Quand tout aigrit les maux que l'Angleterre endure ?

PREMIER BOURGEOIS

C'est bon. — Mais le soldat a la parole dure.

La foule grossit peu û peu. — Entre Vouvrier Nahum.

OVERTON

Âh 1 frères, pardonnez à ce noble martyr L'accent d'un cœur troublé par les pompes de Tyr ; Laissez-le seul ici mêler sa plainte amère Aux cris de la patrie, hélas l de notre mère, Que déchire aujourd'hui l'enfantement d'un roi 1

TROISIÈME BOURGEOIS

Un roi, ce mot me blesse, et je ne sais pourquoi.

DEUXIÈME BOURGEOIS

Tout ce que je pensais, ce monsieur me l'explique.

NAHUM

Un roi, c'est un tyran.

DEUXIÈME BOURGEOIS

Vive la république !

OVERTON

Et quel roi ? ce Cromwell 1 un fourbe 1 un imposteur ! Qu'était-il donc hier ?

LE SOLDAT

Un soldat.

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