ACTE I, SCÈNE V
LORD ROCHESTER
Pardon !
Ce n'est pas Astarté, Monsieur, c'est Égérie.
CARR
Ta bouche est un venin dont mon âme est flélrie. Retirez-vous de moi, vous tous qui commettez Les fornications et les iniquités !
Vous desséchez mes os jusque dans leur moelle ! Mais les saints prévaudront ! — Votre engeance cruelle Ne les courbera point ainsi que des roseaux ; Et quand déborderont enfin les grandes eaux, Elles n'atteindront pas à leurs pieds.
LORD ROCHESTER
Tu radotes !
 quoi vous serviraient alors vos grandes bottes ?
S'il ne pleutpoint sur vous, pourquoi ces grands chapeaux?
CARR , avec amertume.
D'un fils de Zerviah c'est bien là le propos !
En ce moment le manteau de Rocliester s'entr'ouvre et laisse apercevoir son riche costums chargé de nœuds, de lacs d'amour et de pierreries. Carr y jette un coup d'œil scandalisé et poursuit :
Maisoui! — Oui, c'estun mage lunsphinxàfaced'homme,
Vêtu, paré, selon la mode de Sodome !
Satan ne porte pas autrement son pourpoint.
Il se pavane aussi, des manchettes au poing ;
Couvre son pied fourchu, de peur qu'on ne le voie,
De souliers à rosette et de chausses de soie.
Et met sa jarretière au-dessus du genou I
Ces bijoux, ces anneaux consacrés à Wishnou,
De l'idole Nabo sont autant d'amulettes ;
Et pour que l'enfer rie à toutes ces toilettes.
Derrière son oreille il étale au grand jour
L'abomination de la tresse d'Amour !
LORD ORMOND
Fous !
CARR, au comble de V indignation.
Non, ce ne sont pas des saints !
LORD ROCHESTER, riant.
Tu t'en désistes ?
CARR
C'est un club de démons, un sabbat de papistes ! Ce sont des cavaliers ! sortons !
LORD ROCU ESTER.
Adieu, mon cher. CARR , se dirigeant vers la porte.
Mes pieds marchent ici sur des charbons d'enfer î