‹ Cromwell: drameChapitre 33 sur 253 · ACTE I, SCËKE IX · texte numérisé non relu

ACTE I, SCËKE IX

ovKaTON , 5e plaçant entre eux.

Allons! allons I

tORD ROSEBBRRY, aux puritains.

Il se lève, roule dévotement les yeux, prend un air de componction et pousse un grand soupir.

Messieurs, la loi des Douze-Tables...

Les tables de la loi... —

Les puritains s'interrompent attentifs,

CARR

Que veut-il dire enfin?

LORD ROSEBERRY, Continuant, Ne veulent pas qu'on meure et de soif et de faim. Je vote un bon repas, nos estomacs sont vides.

Les tétes-^ondes se détournent avec indignation. f.es

servants de taverne garnissent la table des cftvaliers.

CARR , en contexf^plation devant les cavaliers qui

mangent.

Que de chair e| de vin ces salans sont avides !

Païens!

CARR , 0UX puritains. Avant d'aller plus loin, écoutez-moi ; Est-on sûr que Cromwell songe à se faire roi?

OVERTON

Trop sûr ! et c'est demain qu'un parlement servile De ce titre proscrit pare sa tête vile !

TOUS, excepté Carr, Mort à l'ambitieux !

HARRISON

Mais je ne conçois pas Ce qui pousse Cromwell à risquer ce grand pas. Il faut qu'il soit bien fou de désirer le trône î Il ne reste plus rien des biens de la couronne. HamptOQ^ourt est vendue au profit du trésor; On a détruit Woodstock et démeublé Windsor !

LAMBERT, bos à OvevtQtt,

Imbécile pillard ! qui dans le rang suprême Ne voit que les rubis scellés au diadème, Et dans le trône, objet des travaux d'Olivier,

Des aunes de velours à revendre au fripier !

Dévoré d'une soif de l'or que rien ne sèvre, Harrison n'apprécie un sceptre qu'en orfèvre , Et si quelque couronne à ses désirs s'offrait, Ne l'usurperait pas, mais il la volerait.

BAREBONB , 671 extase.

Ah! pourquoi Dieu fait-il, dans ces jours de misère, Du lion de Jacob un vil bouc émissaire!

Olivier, revêtu d'une robe d'honneur.

Semblait toujours marcher à droite du Seigneur; Il était dans nos champs comme une gerbe mûre ; Il portait de Juda l'invulnérable armure ; Et quand il paraissait à leur œil ébloui , Les Philistins fuyaient, en s'écriant : a C'est lui ! » Il était, Israël, l'oreiller de ta couche !

Mais ce miel en poison se change dans ta bouche ; Il s'est fait Tyrien ; et les enfants d'Édom Ont, avec des clameurs, ri de ton abandon !

Tous les Amorrhéens ont tressailli de joie, En voyant qu'un démon le poussait dans leur voie; Il veut être, échauffé par l'impure Abisag, Roi comme fut David ; — qu'il le soit comme Agag !

SYNDERGOHB.

Qu'il meure 1

LAMBERT

Il a comblé sa mesure de crimes.

Page 1