‹ Cromwell: drameChapitre 64 sur 253 · ACTE ïi, ïckm VIII. iâ · texte numérisé non relu

ACTE ïi, ïckm VIII. iâ

WALLER, à thurloë.

Ne point importuner son Altesse est ma loi.

Cependant..

Us parlent avec une volubilité extrême et presque totAs ensemble. Thurloè parait faire des efforts inutiles pour se faire entendre et se délivrer de leur importunité,

CABR, d'uns voix éclatante et les yeux fixés à la voûte. Voilà donc la nouvelle Sod(Hne I

Tous se retournent aveo surprise, et attachent leurs regards sur Carr, qui demeure immobile, ks brài croisés sur sa poitrine.

SIR WILLIAUÏ ttUÀRÂY.

Mais quel est cet étrange Sitiihlal ?

cÀrr, abec gravité.

C'est iîh homme.

Je conçois qU*îl apporte un visage inconnu Dans cet antre, où Baal montré sa face à nu, Où Ton ne voit que loups, histriiohs, faux prophètes, Ivrognes, éperviers, dragoné à mille tètes , Serpents ailés, vautours, jureurs du nom de Dieu, Et basilics, portant pour queue un dard de feu !

WALLER, riant.

Si ce sont nos portraits, grand merci. Monsieur Thonmie 1

CARR, s* animant.

Convives de Satan ! la cendre est dans la pomme ; Mangez I — Le peuple est mort, vampires d'Israël ; Mangez sa chair, la chair des saints élus du ciel , La chair des forts, la chair des officiers de guerre, La chair des chevaux I...

wÀLLEft, riant plus fort.

Bon i le mets n'eist pas vulgaire.

Ainsi nous avons tous cet honneur sans rival D'être des basilics qui mangent du cheval I

Rire géné'ral parmt les courtisans,

CARR, furieux.

Riez, bouches d'enfer !

^AtLER, ironiquemM.

J'aime la polilcssè,

TOUS

Mettons-le hors I

M. WILLIAM LENTHALL.

// s'approche de Carr, et cherche à le faire sortir.

Bonhomme, allons, si son Altesse Entrait...

Ils veulent Ventrainer, Carr leur résiste.

GARR

, Ce n'est pas moi qui sortirai, c'est vous.

WHITELOCKE.

C'est un saint.

WALLER

C'est un fou.

GARR

Vous êtes ivres tous !

Ivres d'orgueil, d'erreur, de vin troublé de lie ; Et c'est vous qui nommez ma sagesse folie !

LORD BROGHILL.

Mais son Altesse, ami, va venir...

GARR

Je l'attend.

LORD BROGHILL.

Pourquoi, de grâce?

GARR

Il faut que ma bouche à l'instant Parle à cet Ichabod que vous nommez Altesse.

LORD BROGHILL.

Monsieur, confiez-moi ce qui vous intéresse, Je le dirai pour vous, et le crédit que j'ai... — Je suis lord Broghill.

GARR, amèrement.

Ah I qu'Olivier est changé !

Un vieux républicain fait tache en son cortège ! Broghill, — un cavalier, — chez Cromwell me protège !

THURLOE , qui jusqu'alors a paru considérer Carr avec

attention, à part.

Cet homme m'est connu !... Ce qu'il dit n'est pas clair ; Mais, quelque fou qu'il soit, le drôle m'a bien l'air De manquer à Bedlam moins qu'à la Tour de Londre. Allons chercher Mvlord. Il sort.

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