‹ CromwellChapitre 105 sur 302 · ACTE II, SCÈNE XIX · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE XIX

richard cromwell, atterré.

Mylord !....

Faites en sorte Une autre fois, de mieux choisir vos commensaux, Monsieur !

Mylord, dût-on me couper en morceaux, Je veux être plus vil que le pavé des rues, Si...

cromwell, l'interrompant.

Boit-on de bon vin, taverne des Trois-Grues ? richard cromwell, à part.

Ah ! l'espion damné d'avance avait tout dit!

Haut.

Je vous jure, mylord...

Vous semblez interdit.

Est-ce un mal qu'assembler, étant d'humeur badine, Quelques amis autour d'un broc de muscadine ! Vous le buviez, mon fils, sans doute à ma santé ?

richard cromwell, à part.- C'est cela! toast maudit qu'à Charles j'ai porté!

Haut.

Mylord, ce rendez-vous, sur mon nom, sur mon âme. Était fort innocent...

cromwell, d'une voix de tonnerre.

Vous êtes un infâme !

Avec des cavaliers mon fils a ce matin Bu sa part de mon sang dans un hideux festin !

richard cromwell.

Mon père!...

Boire avec des païens que j'abhorre !

A la santé de Charte!... — Un jour de jeûne, encore !

Je vous jure, mylord, que je n'en savais rien.

Garde tes jurements pour ton roi tyrien !

Ne viens pas étaler, traître, sous mes yeux mêmes.

Ton parricide, encore aggravé de blasphèmes !

Va, c'est un vin fatal qui troubla ta raison ;

A la santé du roi tu buvais du poison !

Ma vengeance veillait, muette, sur ton crime.

Quoique tu sois mon fils, tu seras ma victime :

L'arbre s'embrasera pour dévorer son fruit !

Il sort.

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