‹ CromwellChapitre 107 sur 302 · ACTE II, SCÈNE XXI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE XXI

Comme un renard d'Ecosse, il faut que je le traque !

11 s'avance vers Rocbester d'un air menaçant.

Je te retrouve, traître !

LORD ROCHESTER, à part.

Allons ! nouvelle attaque !

Nous avions fait pourtant la paix.

Haut.

Qu'ai-je donc fait A mylord ?

RICHARD CR03TWELL.

Mais je crois qu'il me raille en effet ï Penses-tu me cacher encor ta perfidie?

J'ai vu mon père, drôle ! il sait tout î

Voyant que Rochester reste interdit et immobile.

Etudie Ce que tu vas répondre.

LORD ROCHESTER, à part.

Ah ! peste ! il est réel, Oui, — qu'un des nôtres sert d'espion à Cromwell. Saurait-on qui je suis ?

Je crois qu'il rit sous cape !

LORD ROCHESTER

Ah! mylord!...

Crois-tu donc que deux fois on m'échappe ? Toute la trahison est enfin mise à nu. Mon père est furieux.

LORD ROCHESTER, à part.

Oui, je suis reconnu, Décidément. Allons, faisons tête à l'orage!

Lâche !

LORD ROCHESTER, à part.

Quittons la ruse et prenons le courage.

Haut.

Puisqu'enfin vous savez, monsieur Richard Cromwell, Qui je suis, — vous pouvez m'honorer d'un duel. Nous avons tous les deux des raisons à nous faire. Fixez l'heure, le lieu, Parme; à vous j'en défère. Je suis pour vous, je pense, un digne champion.

Richard Cromwell se battre avec un espion !

LORD ROCHESTER, à part.

Il en est encor là ! l'affront me tranquillise.

Sous ta peau de serpent, sous ta robe d'église, Tu parles de duel ! Te crois-tu donc moins vil Qu'un juif? Rends-toi justice, infâme !

LORD ROCHESTER , à part.

Il est civil !

Moi qui t'avais payé, me trahir en cachette ! Recevoir des deux mains, et vendre qui t'achète !

LORD ROCHESTER, à part.

Que veut-il dire ?

Au moins rends l'argent !

LORD ROCHESTER, à part.

Ah ! démon î J'ai déjà dépêché la bourse à lord Ormond î

Hé bien ! me rendras-tu mon argent, misérable?

LORD ROCHESTER, à part.

Comment faire ?

Haut.

La somme est peu considérable. . .

Vraiment? C'était trop peu! — Sur tes os, sur ta chair, Va, cette somme-là, tu me la paîras cher l

Il tire son épée.

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