ACTE III, SCÈ.NE XI
Apercevant le parchemin roulé qui est resté à terre.
Mais voilà son billet î... — Que m'écrivait-il donc ? — Je ne le lirai point ! —
Elle regarde le parchemin d'un œil d'envie et de curiosité.
Mais quoi, pas de pardon ? Pas de pitié?... —Voyons : je le lirais?... Qu'importe! Sauf à le replacer ensuite de la sorte ?... — Je lui dois de le lire : il est assez puni î
Elle se précipite sur le parchemin , le dénoue et le déroule. S' arrêtant.
Lirai-je ? Est-ce mal faire ? — Eh non ! tout est fini D'ailleurs. Lisons :...
Elle lit.
« Mylord » — Mylord î quel homme étrange ! Il m'appelait princesse, objet, nymphe, reine, ange ; Il m'appelle à présent mylord î — Fou !
Continuant de lire.
«Tout va bien!..»
— Il écrit comme il parle, à n'y comprendre rien ! Tout va bien !— Quoi ?— Suivons : —
Lisant.
«Ce soir, à minuit même, » A la porte du parc présentez-vous...» — Il m'aime ; Voulait-il m'enlever?... —
Lisant.
« Tout le poste est séduit...» — C'est cela. — L'insolent doutait d'être éconduitî —
Lisant.
Le mot d'ordre est donné. Succès sûr...» — Trop mo-
Continuant. [ deste î
« ...Vous leur direz cologve : ils répondront le reste... »
— Moins clair. —
Lisant.
« Vous pourrez, grâce à leur concours ami,
Ici sa voix prend un accent de terreur.
» Saisir enfin Cromwell, par mes soins endormi î
» Le chapelain du diable !...» — Ah ! queviens-je délire?
Sur mes yeux effrayés quel bandeau se déchire î C'est à mon père seul qu'en veut ce scélérat î
Examinant le papier avec attention.
Voicil'adresse : « A Bloum, au Strand, hôtel du Rat. » Le traître m'a remis ce billet par méprise. Avertissons mon père! Infernale entreprise! — On vient. Hâtons-nous. C'est peut-être l'assassin.
Elle s'enfuit précipitamment, emportant le parchemin. — Entre Davenant .