ACTE III, SCÈNE XIII
davenant, à Rochester.
Peste ! mais ce parti vaut bien des héritières ! Deux cents vieux jacobus. et trois dents presque entières!
DAME GLGGLIGOY, à Rochester.
Vous qui me prodiguiez tant de charmants propos...
lord rochester, à Davenant.
Elle a rêvé cela. -—
A dame Guggligoy.
Laissez-nous en repos. Dieu vous damne !
Il la repousse.
DAME GUGGLIGOY.
Us sont tous les mêmes, ces infâmes !
Tendres pour leur amante, et dur's avec leurs femmes. Des chats avant la noce, et des tigres après !
A Rochester.
Quoi ! barbare ! changer nos myrtes en cyprès, Laisser ta jeune épouse !
LORD ROCHESTER
Ah ! vieille aventurière !
Si le diable était mort, tu serais sa douairière.
DAME GLGGLIGOY.
Pour un saint, quel langage !
LORD ROCHESTER, à part.
A propos, j'oubliais!...
Haut.
0 femme ! j'ai fait vœu...
A part.
Prenons notre air niais.
Haut.
De chasteté.
DAME GUGGLIGOY.
Comment !
lord rochester, baissant les yeux.
Vainement vous me dites : « Dormez avec moi!... » — Point de voluptés maudites!
dame guggligoy.
Me chasser sans pitié hors du lit conjugal !
LORD ROCHESTER
Madame, restez-y : cela m'est fort égal. C'est moi seul que j'en veux chasser.
DAME GUGGLIGOY, furieuse.
Ah ! quel outrage !
Serpent !. monstre! perfide! aspic! tiens, crains ma rage,
LORD ROCHESTER, reculant.
Gare à mes yeux : la fée a les ongles crochus !
DAME GUGGLIGOY, pleurant.
Puisque les droits d'époux enfin te sont, échus...
LORD ROCHESTER
Ah ! mon Dieu !
DAME GUGGLIGOY.
Quelle glace à tes flammes succède ?
Pourquoi me fuir ? Quel est le démon qui t'obsède ?
LORD ROCHESTER
Vous me le demandez !
DAME GUGGLIGOY.
Près de moi viens t'asseoir.
Je m'attache à toi !
lord rochester, s' enfuyant.
Ciel ! Que ferai-je ce soir ?
Il sort.
DAME GUGGLIGOY, le pOUTSUlVant.
ingrat !
Elle sort.
D AVENANT, Seul.
11 hausse les épaules.
Wilmot est fou. Quelle est cette algarade ? Avec la tragédie unir la mascarade !
11 s'avance au fond du théâtre en les suivant des yeux. — Entre Cromwell.