‹ CromwellChapitre 174 sur 302 · ACTE IV, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE III

cromwell, le mousquet sur l'épaule, à part. Ce sont bien eux. — Je sais à qui parler enfin !

SIR PETERS DOWNIE, à lOTil OmiOfld.

Wilmot devrait ici nous attendre.

cromwell, à part, haussant les épaules.

11 est fin !

lord brogheda, à Doivnie.

Le peut-il ? N'a-t-il pas les devoirs de sa charge? Crois-tu qu'il ait le cou dans un collier bien large ?

cromwell, à part.

Assassins ! vous aurez tous le même bientôt ; Et le gibet d'Aman pour vous n'est pas trop haut.

lord ormond, aux Cavaliers.

Puis, il eût du complot gâté la réussite; Et puisqu'on le retient, moi, je m'en félicite.

cromwell, àpart.

Moi de même.

LORD ORMOND

Toujours je tremble avec Wilmot.

Mais nous allons finir.

cromwell, à part.

Finir ! c'est bien le mot.

lord ormond, aux Cavaliers.

Voyez de Rochester jusqu'où va la folie. Le vieux Noll a, dit-on , une fille jolie ; Wilmot s'en est épris, ce qui m'est fort égal.

cromwell, à part.

Insolent î

lord ormond, continuant.

11 a fait pour elle un madrigal.—- Un Wilmot, de rimeur prendre le personnage! — Mais bien plus : oubliant ce qu'on doit à mon âge, A mon rang, m'a-t-il pas voulu lire cela ? J'ai reçu cet affront comme il faut ! mais voilà Que tantôt, de sa part, quand j'étais dans l'attente, Une lettre m'advient, qu'on me dit importante.

Impatient, je l'ouvre, et trouve sous le scel Le quatrain, célébrant la petite Cromwell !

CROMWELL,«/?ar£.

Ma Francis ! — en parler devant moi de la sorte ! lord rosererry, riant, à lord Ormond, La persécution, mylord, me paraît forte ! sir peters downie, riant.

Faire lire ses vers, presque de par le roi ! C'est être bien poète !

LORD ORMOND

Hé bien, écoutez-moi.

Après ces vers, scellés avec un soin si sage, Je reçois de Wilmot un deuxième message. C'est l'avis, qui nous mène ici dans ce moment. Or, messieurs, cette fois, ce n'était simplement Qu'un parchemin roulé, noué d'un ruban rose.

TOUS LES CAVALIERS

Vraiment !

LORD ORMOND

Voyez combien ce fou-là nous expose.

LORD CLIFFORD

Mais c'est affreux ! s'il croit de pareils tours jolis î...

LORD ORMOND

Le message, il est vrai, fut commis à Willis. Mais il pouvait tomber en des mains infidèles, Enfin!...

LORD ROSEBERRY.

Nous n'aurions eu qu'à fuir à tire-d'ailes.

LE DOCTEUR JENKINS

Sur quels frêles appuis quelquefois on s'endort ?

Je frémis en songeant que de choses le sort

Sur la tête d'un fou peut mettre en équilibre !

Au moindre vent qui change, au moindre bruit qui vibre,

L'édifice effrayant s'écroule, et dans la nuit,

Un trône, un peuple, un monde ainsi s'évanouit !

Page 1