ACTE IV. SCÊftE IV
SIR WILLIAM MLRRAY.
Ne me tutoyez pas , L'ami! nous ne pouvons marcher du même pas. Je suis, voyez-vous bien, un grand seigneur d'Ecosse-. In homme comme vous court devant mon carrosse ; Savez-vous que je porte un loup sur mon cimier? J'avais de plus, mon cher, sous feu Jacques-Premier. L'honneur d'être fouetté pour le prince de Galles.
Oui. nos conditions, monsieur, sont inégales.
SIR WILLIAM MURRAY
C'est heureux !
Revenons à ce que nous disions.
Chez ce Cromwell, l'objet de vos dérisions. Vous alliez donc parfois ?
Pour faire quelque chose.
On ne peut pas toujours lutter comme Montrose.
Oui : monsieur au tyran demandait un emploi , En attendant qu'il pût le trahir pour le roi.
SIR WILLIAM MLRRAY.
Comme tu dis cela crûment !
Le beau langage M'est inconnu.
SIR WILLIAM MURRAY. Ù part.
Croquant !
Cromwell vous a, je gage.
Mal reçu ? refusé ?
SIR WILLIAM MLRRAY.
Lui! non pas.
cromwell, à part.
Comme il ment !
SIR WILLIAM MURRAY
Au contraire, pour moi Tours a fait le charmant. Il a senti l'honneur que je voulais lui faire, Et m'a laissé le choix des grâces qu'il confère.
Le choix de la fenêtre ou de la porte, oui.
Riais pourquoi donc alors vous tourner contre lui ?
SIR WILLIAM MURRAY
J'ai réfléchi. Comment servir un rustre insigne, Régnant en caporal qui donne une consigne, Lourdaud qui veut sourire et vous montre les dents , Et vous rend un salut, les genoux en dedans ?
Je conçois.
SIR WILLIAM MURRAY
Puis j'appris que sa chute était prête...
Et le droit des Stuarts vous revint dans la tête ?
SIR WILLIAM MURRAY
Oui, le droit des Stuarts, et la rusticité De Cromwell : mes amis me poussant d'un côté, Le succès étant sûr contre un si triste hère, J'entrai dans ce complot.
A vos raisons j'adhère.
SIR WILLIAM MURRAY
Vous comprenez, mon cher? Les principes sont là. Guillaume le Normand jadis les viola ; Mais il répara tout par un hymen précoce D'Henri-Premier, son fils, avec Maude d'Ecosse. Les Stuarts sont issus des Atheling et d'eux; D'où, voyez la lignée, il suit que Charles-Deux, Né de la double race, unit dans sa personne Les droits de la normande et ceux de la saxonne.