ACTE V, SCÈNE IV
Aurait-il pris ses traits pour secourir Ammon ?
GARLAND
C'est cela ! — cette nuit j'ai fait un mauvais rêve.
syndercomb, tirant sa dague.
Soumettons sa magie à l'épreuve du glaive.
En voyant briller le fer, Barebone, qui n'a pu jusque-là se faire entendre
crie avec un nouvel effort.
BAREBONE.
Mais écoutez-moi!
LAMBERT
Parle.
barebone, effrayé.
Amis, je ne veux pas Sauver l'Aod anglais d'un trop juste trépas ; Mais on peut le tuer, sans faire un sacrilège. L'assommer, l'étrangler, l'empoisonner,... que sais-je? syndercomb, remettant son poignard dans le fourreau.
A la bonne heure !
garland, serrant la main de Barebone.
Allons, j'avais mal entendu. wildman, à Barebone.
A de bons sentiments j'aime à te voir rendu.
overton, à Barebone.
Quoique le sang versé soit une faute énorme, Nous n'avons pas le temps de le tuer en forme. barebone, cédant de mauvaise grâce.
Soit!... comme il vous plaira, poignardez le maudit.
A part.
C'est terrible pourtant !
GARLAND
Le sabre de Judith Est frère des couteaux qui vont frapper sa tête. Dans l'arsenal du ciel leur place est déjà prête.
HARRISON
Mes frères, rendons grâce au seigneur Dieu ! — C'est lui
Oui des vils Cavaliers nous épargne l'appui. Leur aide eût souillé l'œuvre et flétri notre gloire. Mais Dieu, qui pour nous seuls réserve la victoire, D'Ormond et d'Olivier confondant les desseins, Jette Ormond à Cromwell, donne Cromwell aux saints!
tous, agitant leurs poignards.
Le Seigneur soit béni !
LAMBERT
Messieurs, l'heure s'écoule.
Le peuple à Westminster va se porter en foule : — Si l'on nous surprenait ?
overton, bas à Joyce.
Lambert a toujours peur î
LAMBERT
Ne nous endormons pas dans un espoir trompeur. Qu'arrêtons-nous, messieurs ? Hâtons-nous de conclure.
SYNDERCOMB
Il faut frapper Cromwell au défaut de l'armure ; Voilà tout.
LAMBERT
Mais où ?— quand ? — et comment ?
OVERTON
Écoutez.
Au rang des spectateurs ou des acteurs postés, Soyons tous attentifs à la cérémonie, Et sans cesse à nos mains tenons la dague unie. D'abord nous entendrons parler force rhéteurs ,• ' Harangues d'aldermen et de prédicateurs; Puis Cromwell recevra, sur son trône éphémère, La pourpre de Warwick, le glaive du lord-maire, Les sceaux de Whitelocke, et, pour l'enfreindre encor, De Thomas Widdrington la Bible aux fermoirs d'or ; Enfin, c'est de Lambert qu'il prendra la couronne. C'est l'instant décisif. Qu'alors on l'environne ; Et dès que sur son front luira l'impur cimier, Frappons î