‹ CromwellChapitre 222 sur 302 · ACTE V, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IV

Pour ne pas dédaigner les biens qu'en sa bonté Dieu donne à l'homme, un jour sur la terre jeté, Les consolations à la chair accordées ?

Montrant le trône.

De sa base à son dais ce trône a dix coudées. Ne puis-je regretter ce riche ameublement ? Tout ce que je possède est ici.

harrison, jetant des yeux avides sur les splendides décorations que désigne Barebone.

Mais, vraiment, [garde !

C'est fort beau! — Comment donc! Je n'y prenais pas Ces glands sont d'or, — d'or pur ! Tiens, Syndercomb, A lui seul, ce fauteuil, de brocard revêtu, [regarde! Vaut mille jacobus.

BAREBONE.

Pour le moins !

harrison, à Syndercomb .

Qu'en dis-tu ?

syndercomb, dévorant le fauteuil du regard. Quel butin !

barebone, tressaillant.

Qu'a-t-ildit?

syndercomb, aux autres conjurés.

Le Dieu qui nous seconde, Frères! donne à ses saints tous les biens de ce monde. Ceci nous appartient. Cromwell mort sous nos coups, Nous pourrons partager sa dépouille entre nous.

barebone.

Non pas! — Ciel! mon drap d'or, mes courtines, ma soie!

syndercomb.

Des aigles du Liban le veau d'or est la proie !

BAREBONE.

Des aigles ! dis plutôt des corbeaux ! — Tu voudrais ?. . .

overton, les séparant.

Messieurs, frappons d'abord : nous réglerons après !

TOUS

Amen ! —

barebone, à part.

Damnation ! — Mais ce sont des pirates î Le pillage est leur but ! Forbans ! âmes ingrates ! Que faire ? — Ils me rendraient infidèle à Sion ! — Se partager entr'eux mon bien ! — Damnation !

Bar'ebone se retire du milieu des conjurés et semble livré à d'amères réflexions.

overton, aux têtes-rondes qui font groupe autour de lui.

Frères î — En attentant qu'Israël, sur son trône, Attaque corps à corps le roi de Babylone, Et lève par nos mains contre Olivier-Premier L'étendard, où revit la Harpe et le Palmier; Six de nous prendront poste à la salle des Gardes.

TOUS

Bien!

overton, continuant.

Cachant leurs poignards devant les hallebardes, Douze se grouperont aux degrés du perron. Où Richard à Norfolk attacha l'éperon ; Quatre aux Aides, et quatre à la cour des Tutelles. Les autres, dispersés dans toutes les chapelles Des vieux Plantagenets, des Stuarts, des Tudors, Gardant les escaliers, barrant les corridors, Et, soit qu'Olivier gagne ou perde l'avantage, Pouvant ou lui fermer ou nous ouvrir passage, Devront, par leurs discours nourrir l'embrasement Qui dans la foule en deuil couvera sourdement, Et des saintes tribus attisant la colère, Hâter l'éruption du volcan populaire!

tous, excepté Barebone, agitant leurs poignards. Qu'il dévore Abiron ! Qu'il consume Dathan !

Page 1