‹ CromwellChapitre 237 sur 302 · ACTE V, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IX

On vous a réformé ? privé de votre emploi ?

LE SOLDAT

On fait bien plus encore ; on veut régner sur moi !

overtov. à la foule.

Il a raison, amis ! En effet, est-ce l'heure De rire quand Dieu tonne et quand Israël pleure? Quand un homme, opprimant ceux qui Font protégé, Vient imposer un trône au peuple surchargé ? Quand tout aigrit les maux que l'Angleterre endure ?

PREMIER BOURGEOIS

C'est bon. — Mais le soldat a la parole dure.

La foule grossit peu à peu. — Entre l'ouvrier Nalmm. OVERTON.

Ah ! frères, pardonnez à ce noble martyr L'accent d'un cœur troublé par les pompes de Tyr ; Laissez-le seul ici mêler sa plainte amère Aux cris de la patrie, hélas ! de notre mère, Que déchire aujourd'hui renfanlement d'un roi !

TROISIÈME BOURGEOIS

Un roi ! ce mot me blesse, et je ne sais pourquoi. -

DEUXIÈME BOURGEOIS

Tout ce que je pensais, ce monsieur me l'explique.

NAHUM

Un roi, c'est un tyran.

DEUXIÈME BOURGEOIS

Vive la république !

OVERTON

Et quel roi ? ce Cromwell ! un fourbe ! un oppresseur ! Qu'était-il donc hier ?

LE SOLDAT

Un soldat.

Page 1