‹ CromwellChapitre 276 sur 302 · III. — P. XIX · texte numérisé non relu

III. — P. XIX

((..... Donc, vous faites du laid un type d'imitation, du grotesque un élément de l'art ! »

Oui sans doute, oui encore, et toujours oui! C'est ici le lieu de remercier un illustre écrivain étranger qui a bien voulu s'occuper de l'auteur de ce livre, et de lui prouver notre estime et notre reconnaissance en relevant une erreur où il nous semble être tombé. L'honorable critique prend acte . telles sont ses textuelles

expressions, de la déclaration faite par Pauteur dans la préface d'un autre ouvrage, que : «Il n'y a niclassique » ni romantique ; mais en littérature comme en toutes » choses , deux seules divisions , le bon et le mauvais , » le beau et le difforme, le vrai et le faux. » Tant de solennité à constater cette profession de foi n'était pas nécessaire. L'auteur n'en a jamais dévié et n'en déviera jamais. Elle peut se concilier à merveille avec celle qui « fait du laid un type d'imitation, du grotesque un élé- » ment de l'art. » L'une ne contredit pas l'autre. La division du beau et du laid dans l'art ne symétrise pas avec celle de la nature. Rien n'est beau ou laid dans les arts que par l'exécution. Une chose difforme, horrible, hideuse, transportée avec vérité et poésie dans le domaine de l'art, deviendra belle, admirable, sublime sans rien perdre de sa monstruosité , et d'une autre part , les plus belles choses du monde faussement ou systématiquement arrangées dans une composition artificielle, seront ridicules, burlesques, hybrides, laides. Les orgies de Callot, la Tentation de Salvator Rosa avec son épouvantable démon, sa Mêlée avec toutes ses formes repoussantes de mort et de carnage, le Triboulet de Bonifacio, le mendiant rongé de vermine de Murillo, les ciselures où Benvenuto Cellini fait rire de si hideuses figures dans les arabesques et les acanthes, sont des choses laides, selon la nature, belles, selon l'art ; tandis que rien n'est plus laid que tous ces profils grecs et romains, que ce beau idéal de pièces de rapport qu'étale sous ses couleurs violâtres et cotonneuses la seconde école de David. Job et Phiïoctète, avec leurs plaies sanieuses et fétides, sont beaux; les rois et reines de Campistron sont fort laids dans leur pourpre et sous leur couronne d'oripeau. Une chose bien faite, une chose mal faite, voilà le beau et le laid de l'art. L'auteur avait déjà expliqué sa pensée en assimilant cette distinction à celle du vrai et du faux, du bon et

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