‹ CromwellChapitre 278 sur 302 · V. — p. xxî · texte numérisé non relu

V. — p. xxî

C'est lui enfin qui, colorant tour à tour le même drame de l'imagination du Midi et de l'imagination du Nord, fait gambader Sgan«relle autour de don Juan et ramper Méphistophélès autour de Faust.

Ce grand drame de l'homme qui se damne domine toutes les imaginations du moyen âge. Polichinelle, que le diable emporte au grand amusement de nos carrefours, n'en est qu'une forme triviale et populaire. Ce qui frappe singulièrement quand on rapproche ces deux comédies jumelles de Don Juan et de Faust, c'est que don Juan est le matérialiste, Faust le spiritualiste. Celui-ci a goûté tous les plaisirs , celui-là toutes les sciences. Tous deux ont attaqué l'arbre du bien et du mal : l'un en a dérobé les fruits, l'autre en a fouillé la racine. Le premier se damne pour jouir, le second pour connaître. L'un est un grand seigneur, l'autre un phi-

losophe. Don Juan, c'est le corps; Faust, c'est l'esprit. Ces deux drames se complètent l'un par l'autre.

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