DON LUIS DE CARDENAS
A part. Haut.
L'hérétique î — C'est vous que le roi catholique, Le premier, reconnut chef de la république î...
cromwell, l'interrompant.
Croit-il changer, traitant Cromwell en affranchi, Une tour de Sion en sépulcre blanchi ? A moi la Toison d'or ! je laisse aux idolâtres Leurs prêtres histrions et leurs temples-théâtres. Ils cherchent dans l'enfer leurs dieux et leur trésor; Et l'on a la Toison, comme on eut le Yeau d'or!
Il s'arrête un moment, promène des regards hautains sur toute l'ambassade espagnole, puis continue avec vivacité :
Mais moi ! — m'outrage-t-on en vain ? A ma colère L'envoyé portugais a-t-il soustrait son frère ? Don Luis ! votre maître aurait-il l'impudeur De m'insulter en face, et par ambassadeur ? Ce serait une injure un peu trop solennelle ! Mais partez !
DON LUIS DE CARDENAS, furieilX.
Adieu donc. Guerre, et guerre éternelle !
Il sort avec toute sa suite.
mancini, bas au duc de Crêquy.
Le Castillan l'a pris par son mauvais côté. le duc de créquy, à part et regardant la Toison d'or
que les pages emportent.
Cet affront-là, pourtant, je l'ai sollicité ! cromwell, bas à Stoupe.
Il importait de rompre, en cette conférence, Avec l'Espagne, aux yeux des envoyés de France. Mais suivez Cardenas, tâchez de l'apaiser,
Et sachez, s'il se peut, ce qu'il vient proposer.
Stoupe sort.
En ce moment la grande porte se rouvre à deux battants, et un huissier
annonce :
Mylady Protectrice !
cromwell, à part.
Ah ! mon Dieu ! c'est ma femme !
Il fait un geste pour congédier les assistants.
Adieu, monsieur le duc... messieurs...
Tous sortent par une porte de côté en renouvelant leurs profondes révérences. Le comte de Carlisle et Whitelocke reconduisent en cérémonie l'ambassadeur de France. Pendant leur sortie entrent Elisabeth Bourchier, femme de Cromvvell ; mistress Fletwood, lady Falconbridge, lady Cleypôle, lady Francis, ses filles. Elles font une révérence à leur père.