‹ CromwellChapitre 72 sur 302 · ACTE II, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE V

Comptez, my lord.

cromwell, comptant sur ses doigts, C'estjuste.

THURLOE.

Et mourant de besoin, Le pauvre homme est resté, durant ce long espace, Seul, nu, glacé...

Neuf mois ! Dieu ! comme le temps passe !

Une pause.

— Et maintenant, que fait le secret comité Du parlement, touchant le projet présenté ?

THURLOE.

Contre vous ont parlé Purefoy, Goffe, Pride, Nicholas, et surtout Garland.

cromwell, avec colère.

Le régicide î

THURLOE.

Mais ils auront en vain lutté contre le vent : La majorité vote avec nous; et suivant Lord Pembroke, ancien pair qui dans tous temps sur- La couronne est à vous de droit. [ nage, cromwell, avec mépris.

Plat personnage !

THURLOE.

Seul, quoiqu'il penche aussi pour la majorité, Par quelque vain scrupule, à la Bible emprunté, Le colonel John Birch tient la chambre indécise.

On lui doit quelque chose au bureau de l'excise. Pour lever son scrupule un prompt paîment suffit, — Pourvu que le caissier se trompe à son profit. Quant à vous, Thurloe, veuillez, s'il est possible, Avec plus de respect nommer la Sainte-Bible.

thurloe, après s'être humblement incliné. Par votre ambition Fagg se dit excité

Contre vous.

Je le fais sergent de la Cité.

THURLOE.

Trenchard aussi paraît mécontent et morose.

Une dime à Trenchard sur les biens des Montrose !

THURLOE.

Sir Gilbert Pickering, ce juge qui reçoit De toutes mains, devient récalcitrant.

Qu'il soit Baron de l'Échiquier !

THURLOE.

Le reste est mon affaire.

Que mylord seulement daigne se laisser faire. Vous serez aujourd'hui prié très-humblement D'accepter la couronne, au nom du parlement!

Ah ! je le tiens enfin, ce sceptre insaisissable !

Blés pieds ont donc atteint le haut du mont de sable !

THURLOE.

Mais dès longtemps, mylord, vous régnez ?

Non, non, non ■ J'ai bien l'autorité, mais je n'ai pas le nom ! Tu souris, Thurloë. Tu ne sais pas ^uel vide Creuse au fond de nos cœurs l'ambition avide ! Comme elle fait braver douleur, travail, péril, Tout enfin, pour un but qui semble puéril î Qu'il est dur de porter s^ fortune incomplète ! Puis, je ne sais queljuslre, où le ciel se reflète, Environne les rois, depuis les temps anciens. Ces noms, Hoi, Majesté, sont des magiciens ! D'ailleurs, sans être roi, du monde être^i'arbitre î La chose sans le mot S le pouvoir sans le titre !

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