ACTE II, SCÈNE VII
manassé, $' inclinant jusqu'à terre.
Nous baisons vos pieds.
A part.
Ces vils chrétiens!
Vis en paix !
A part.
Juif immonde, à pendre entre deux chiens !
îtlanassé sort par la petite porte, qui se referme sur lui.
THURLOE.
Mylord! — Et maintenant, daignerez-vous m'entendre? Ce navire étranger, l'argent qu'il vient répandre Parmi les malveillants, l'avis du juif maudit, Tout n'est-il pas d'accord avec ce que j'ai dit? Ouvrez les yeux !
CR03IWELL.
Sur quoi ?
THURLOE.
Sur ces complots infâmes Dont un fidèle avis me dénonce les trames. Du peu que nous savons déjà je frémis.
CR03TSVELL.
Bah!
Chaque fois qu'en mes mains un tel rapport tomba, Si j'avais à le croire occupé ma pensée, Et mon temps à chercher la trame dénoncée, Mes jours, mes nuits, ma vie aurait-elle suffi!
TRTRLOE.
Le cas présent, mylord, me semble alarmant.
Fi' Thurloe! rougis donc de cette peur panique.
Je sais que pour plusieurs mon joug est tyrannique,
Que certains généraux ne voudraient pas, mon cher,
Voir leur roi de demain dans leur égal d'hier.
Mais l'armée est pour moi. — Quant à l'argent dont parle
Ce juif, c'est un cadeau que me fait le bon Charle,
Et qui vient à propos, surtout dans ce moment,
Pour acquitter les frais de mon couronnement.
Va ! sois tranquille, ami!— Songe aux fausses nouvelles
Dont on à tant de fois tourmenté nos cervelles.
Ces complots sont un jeu des malveillants jaloux
Réduits, par impuissance, à s'amuser de nous !
On entend un bruit de pas ; Cromwell regarde dans une galerie latérale.
Voici des courtisans avec leurs airs de fête.
Je vais prendre un peu l'air, Thurloë. Tiens-leur tête.
Il sort par la petite porte.