Anne de Chypre
104 CRONiaUE MARTIKIANE
renient vous avons escript touchant le bastard (ÏArmignac et Gargesalle : lesquel:;^, conmie avons esté advertis, doyvent en hriej venir en ce pays de Daulphiné. Au surplus nous sommes arrive^ en ceste ville de Vienne. Et combien que François de Tiersant et Cadoral * soyent venu:^par deçà et, de par nostrefil^ le Daulphin, ayent fait deffense à plusieurs villes et places qu'on ne nous ohéyst pottr ce que en brief leur envoyroit secours, ce néantmoins les officiers, prélat^ et gens de leurs villes du pays du Daulphini sont venu:;^ en ceste ville par devers nous, tous très joyeux de nostre venue et de ce que avons délibéré de donner provision et mettre en bonne seureté, ordre de justice et police le fait dudit pays, qui en avoit bien mestier. Et ja avons pourveu à la plus part de toutes les places et quelque soit des principalles. Et au regard des autres places, esquelles il y a aucuns estrangiers et des gens du bastard d'Armignac et du seigneur de Montauban^, nous avons esté cofttens qn'elles demourassent entre les mains du gouverneur et de ceulx dudit pays, pourveu que lesdit:^ estrangiers et gens dudit bastard d'Armignac et de Montauban s'en allassent, et que tout soit mys en si bonne seureté que inconvénient n'en tmisse advenir : de laquelle chose faire ceulx dudit pays ont estécontens et aussi de nous asseurer que se on vouloit mettre et envoyer aucunes gens estrangiers audit pays ou autres à puissance l'on ne les y recevra point. Et affin de radresser les choses au mieulx, ainsi que l'avons désiré tousjours et désirons, nous avons esté contens que ceulx desdit;;^ pays envoyent par devers nostredit fil:^ luy remonstrer son cas, la doulceur que luy avons
1. Il s*agit d*Aimar de Poisieu, dit Capdoxat, au service de Louis XI dès 1444. Voyei à la date du 7 déc. 1456 le jugement porté sur ce personnage par Tommaso Tebaldo dans la dépêche au duc de Milan ; Tommaso l'accuse du mauvais gouvernement du Dauphin. Lettres de Louis XI, I, pièces justif., p. 270 et l'im»portante notice à la suite des Lettres de Louis XI, I, 374.
2. Jean de Montauban, amiral de France sous Louis XL Voy. Cbasteîlain ÎII, 215 et le jugement de Tbovws Basin éd. Quicherat II, 19-22. Tommaso Tebaldo, dans sa dépêche du 7 décembre 1456 au duc de Milan, s'exprime ainsi a Monsignorc de Montealbano il quali za per il passato havea tradito quilli proprii de casa sua. Et pero non era maravcglia se '1 zerchava tradire e fare maie capitare suo figliolo [il delphino] col quale non havea a fare cosa alchuna ». Lettres de Louis XI, I, pièces justif., 271.
tenue ^ et essayer à le réduyre, les choses dessusdictes toutesfois préalablement faictes et le tout mys en bonne seureti, en quoy espérons avoir potirveu et pourveoir par manière que de ce aucun inconvénient n*en adviendra et que ce sera au bien de la chose publicque et de toutes les parties h qui il touche. Si vous avons bien voulu escrire ces choses affin de vous advertir des demaines des matières et de ce qui est advenu depuis que derrenièrement vous escrivimes. Et quant à présent ne vous escrivons plus amplement, fors que tousjours en nos affaires vous employé:::^, comme bien y avons la confiance.
Donné à Vienne^ le troisiesme jour de novembre. Ainsi signé : Charles et le Cointe.
Et au dos desdictes lectres estoit escript : A nostre amé et féal conseiller et chambellan le conte de Dampmartin, grant pennetier de France,
S^enstiyt unes autres lettres escripies, de par le roy^ au conte de Dampmartin, dont la teneur s'ensuyf^ (f, 301),
embre 24. Nostrc amé et féal. Quant vous nous ave^ fait demander congé pour aller en t^o;^ affaires en Bourbonnois, vous ne nous avcTi P^^^^ fa^^ ^^^^ ^^ V^^^ temps serie:i^ retourné devers nous. Et pour ce que nostre intencion est de faire venir icy, vers la fin du moys de janvier^ de no:^ gens d'armes de Normandie et semblablement du pays de Guyenne pour donner ordre au fait de no:( gens d'armes et de besongner en no^ autres affaires, ausquelles choses faire voulons bien que que soye:^. Nous vous mandons ces