‹ Cronique martinianeChapitre 60 sur 159 · Prologue sur la translation des Croniques Marliniennes · texte numérisé non relu

Prologue sur la translation des Croniques Marliniennes

Par le vouloir de Jesuchrist, vray Dieu tout puissant, courant l'an de son incarnation mil quatre cens cinquante et huit, Messire Loys de Laval, seigneur de Chastillon et de Frivondour, gouverneur du Dauphine, a fait translater et mectre de latin en françoys les Croniques Martiniennes par son très humble clerc et serviteur Sébastian de Mamerot de Soissons. Et, oultre icelles Martiriiennes, luy a faict extraire de plusieurs orateurs et croniques et mettre en ceste translacion les faitz des papes et empereurs, et aussi des princes docteurs et plusieurs gens de leur temps plus au long que frère Martin de Polome, penahcier et chappellain du pape qui fist icelles croniques, lesquelles il a mises et adjoustees en* icelles. Et est assavoir que combien que ceste présente translation soit et sera nommée cronique Martinienne, toutesfois, comme dit est, plusieurs faitz et avantures y sont plus au long et oultre icelles Martiniennes. Car Messire Verueron, chanoyne de Liège, mist depuis frère Martin plus au long les faitz de ses croniques. Et aussi les tint depuis pape Nycolas le tiers exclud jusque au Pape Urbain le quint includ. Et depuis l'addition d'iceluy Verueron ont este adjoutez deux papes : c'est assavoir depuis pape Urbain le quint ou fine Vemeron icelluy Urbain exclud jusques a pape Clément septiesme includ. Toutes lesquelles croniques, avecques plusieurs autres grans gestes, ont este darrenierement translatées et mises en ung livre et traictie par le vouloir d' icelluy Monsieur le gouverneur : non pas qu'il n'entende et conçoive bien les livres et traictiez latin, mais affin que tous ces faiz dignes de grant mémoire soient plus communément divulgez. Si prie le simple et inexpert clerc et translateur de cestuy présent

I. Quoiqu'il y ait en apparence une lacune entre les ff. 182-251 l'ouvrage est complet ; et c'est à tort que M. Dibdin, Aedcs althorp^ II, n" 1097, dit que les ff. sont régulièrement chiffres jusqu'à ccccij.

LXII NOTICE BIBLIOGRAPHiaUE

traictie tous qui le liront et orront lire qu'ilz Texcusent de ce qu'il n'a pas ensuivy ce que declere, cy après Martin en son prologue ou il dit qu'il mect les faiz des papes en une pagiee et en l'autre les faiz des empereurs : car il l'a faict obstant ce que Verueron en son traictie et l'acteur de l'addition des deux derniers papes s'en sont passez. Et aussi prie qu'ilz l'excusent es faultes, se aucunes en treuvent par lui commises, et s'il n'a pas bien exprime et mis en briefz motz françoys, mais trop prolix, l'effect du latin : car comme dit Maistre Jehan Donicum * le françois n'est pas si brief comme le latin et ainsi que l'expérience l'enseigne publiquement. Pourquoy, eue considération a ce que dit est, il en commence sa translation, la soubzmetant a toute correction, en la

manière qui s'ensuit :

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