‹ Cronique martinianeChapitre 72 sur 159 · Notre-Dame de Liesse, Aisne, arr. Laon · texte numérisé non relu

Notre-Dame de Liesse, Aisne, arr. Laon

6. Hector de Savcuse, frère de Le Bon de Savcusc. Cette famille joua un rôle éminent en Picardie dans le premier quart du xv* siècle.

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fut par eulx et leurs bandes desconfit, jaçoit ce qu'ilz feussent mil combatans. Et fut icelle desconfiture au plain pays de BouUenois *.

Comment Pothon fist armes à pied et à cheval contre ung nommé Lyonnet en la présente du duc de Bourgongne (/•. 274).

Comment messh-ù Jehan de Luxembourg desconfit Pothon de Saincte Treille et ses compaignojis 3 [f, 274^).

1. Sur le détail d'iine opiération analogue, voyez le récit de Monstrekt III, 317-318, qui place cette rencontre en 1419, au début de l'année, sur le chemin de Braine, en Artois. D'autje part» Le Févre de Saint-Rémy (éd. Morand, 1. 1, p. 198) mentionne la prise d'Hector de Saveuse par les «r gens du roy », en Î414» lors d'un pèlerinage à Notre-Dame-de-Liesse.

2. Reproduction textuelle du récit de Monstrelet, 1* II, § 8. — Il s'agit du duel fameux d'Arras, sous la présidence de Philippe le Bon, entre La Hire et Lyonnel de Wandomme. Cf. également le récit de la Chronique aiwtiyme fr. 23018 f. 438. Le 4* compte de Guy Guilbaut (Arcb. de la Côtc-d'Or B 1622) nous renseigne sur l'entrée du duc à Arras. Riflart de Champrcmy fit également des armes contre Michelet, bâtard de Rabecque, écuyer. Le duc fit présent au premier d'une coupe d'or de 4 marcs et au second d'une coupe d'argent de 3 marcs et demi.

3. Copie textuelle de Monstrelet, 1. II, § 16 : Comment messire Jehan de Luxem^ bourg assèga h chasiel de Wieghe et comtne il fist une embuscbe oii Potijon de Saincte Treille et ses compagnotis furent desconfis^

Comment fut la journée de Crevant où mourut Estienne

de Chahannes (f. 275).

3i. L'an mil CCCCXXIIJ fut la journée de Crevant ^ où moururent environ trois mille François et Escoçois ^ : entre lesquelz y mourut Estienne de Chabannes 3, capitaine de gens d'armes. Et après son trespas se retirèrent les gens d'armes de sa compaignie devers messire Jacques de Chabannes ♦, qui estoît frère dudit Estienne et lieutenant de sa compaignie^..

1. Gravant- sur-Yonne, près de Vézelay, en Auxerrois. Sur cette rencontre, dont l'écho fut considérable, voir l'étonnante et mensongère nouvelle officielle, à la date du 3 août 1423, « Ce jour bien tard vjndrent à Paris lectres et nouvelles certaines contenans que, samedi derrenier passé, les ennemis Escoz, Gascons et autres tenant le parti contraire estans en siège devant la ville de Gravent furent desconfis... et contenoient lesdictes lectres que en ladicte bataille avait eu des ennemis mors bien iij*^ hommes et autant de prisonniers, et desdits Anglois et Bourguignons n'y avoit mie eu xxx mors... » Areh^ Nat., X** 1480, f. 279.

2. Il faut surtout signaler la prise de Sir John Stuart Derneley. Les Ecossais en France et les Français en Ecosse par Francisque Michel (Paris, 1868, 2 vol. in-8) t. I, p. 134.

3. Etienne de Ghabannes^ seigneur de Gharlus. On sait peu de choses sur ce personnage. Hist, de la Maison de Chabannes l, p. 98>99.

4. Jacques de Ghabannes. Sur ce personnage, Hist. de la Maison de Chabannes I, 105-202; Ibid, Preuves ï, 147-238. Un résumé de sa vie se trouve dans notre introduction.

$. Jean de Ghabannes fut fait également prisonnier à Gravant. Hist. de la Maison de Ch,, supplément p, 524-52$ ; Hugues II, frère aîné de Jacques et d'Antoine, y trouva la mort. Hist, de la Maison de Ch., II, 2,

Comment la journée de Vernueil fut perdue par les François, où estoient Pothon et La Hire, et de l'advénement de Anthoine de Chabannes * (/*. J275),

[1424, août 17.] ... Et fut prins prisonnier Anthoine de Chabannes ^, paige

au conte de Vantadour^, lequel estoit monté sur ung courcier gris, nommé La Dame *, qui estoit au conte son maistre. Et ne paya point le dessusdit Anthoine de Chabannes de raençon, mais fut renvoyé par les Angloys ^ à son frère, messîre Jaques de Chabannes. Et quant icelluy messire Jaques Teut entre ses mains, il voulut qu'il fust son paige : ce qu'il ne voulust faire, mais requist ledit Anthoine à son dit frère qui le baillast à La Hire à estre son paige ®. Et après cinq ou six mois qu'il eust esté paige à La Hire, il luy donna ung petit courtault noir, nommé Maistre Jehan,

1. Ce rccit de la journée de Vcrneuil est la copie presque textuelle de Monstrelet, 1. II, § 20. Le début est une réflexion du rédacteur : « En Tan mil quatre cens xxiiij le duc de Bethfort marcha devant Vernueil pour donner bataille aux François : estant advertiz de leur venue se mirent en place délibérez de n'espargner point leurs vies pour garder leur honneur. » *Aprés la liste des morts de la journée commence l'interpolation originale.

2. Sur Antoine de Chabannes, cf. Hist, de la Maison de Ch,, II, 1-187 et notre introduction.

3. Jacques, comte de Ventadour, est donné comme mort à la bataille de Verneuîl par Monstrelet, IV, 195. A Cravant il avait été fait prisonnier et avait eu Tceil crevé.

4. Il faut retenir ce nom et le rattacher à l'équivoque sur Cbevaucbery si fréquente au XV* siècle, et dont l'entier développement se trouve dans TEscuyrie des Dames, dans Recueil de poésies Françoises des XV* et XVI* siècles, par A. de Montaiglon, t. VIII, p. 329.

5. Il faut cependant noter la pénurie du trésor anglais après la « très noble » victoire de Verneuil. BiU. Nai. fr. 26047, **** 544'

6. Voir notre introduction. C'est pour cette raison que les faits et gestes de La Hire tiennent une place assez considérable dans une chronique domestique de la maison de Chabannes.

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qui avoit esté gaigné à ung butin, avec six escuz et une espée. Et ce qui meut ledit de Chabannes laisser La Hire fut pour ce que le duc de Bourbon * le vouloit avoir. Et fut peu de temps avec luy paige, pour ce qu'il avoit envie d'acquérir honneur et biens 2, Si s'en vint remectre es compagniees dé gens d'armes et routiers. Et ne fut guères en leur assemblée sans avoir charge.

Comment La Hyre desfist les A nglois au siège de Montargis 3

L'an mil CCCCXXVJ le siège fut mis par le duc de Bethfort devant II, la ville de Montargis, à tout grosse puissance d'Anglois, et y tindrent le siège deux moys. Et quant le roy sceut icelles nouvelles se délibéra de donner secours à ceulx de Montargis et ordonna plusieurs cappitaines à ce faire, desquelz les noms s'ensuyvent : c'est assavoir La Hire, Guillaume d'Albret, seigneur d'Orval, Gaultier de Bruzac, , messire Gilles de Saint Symon, qui povoient bien avoir seize cens combatans, droictes gens de guerre. Lesquelz se mirent en chemin pour advitailler Montargis, laquelle n*estoit point sans grant nécessité de vivres. Et avoient les François pour leur guyde ung natif dudît Montargis, nommé le Petit Breton. Si se délibérèrent totallement iceulx cappitaines, dont La Hire estoit chief, de donner sur iceulx Anglois : ce qu*ilz firent et les déffirent

1. Charles I*', en 1433 duc de Bourbon : fils aine du duc prisonnier en Angleterre, il resta à Paris après l'entrée des Bourguignons et suivit la fortune de Jean sans Peur. Après le meurtre de Montereau (1419) il fut acquis au parti du dauphin, qui, le 20 août 1420, le nommait son capitaine général en Languedoc et Guyenne. Beaucourt, Uiit. de Charles VII, t. I, p. 193 et 215.

2. Nous voyons du moins son frère Jacques acquérir de Charles de Bourbon la seigneurie de la Palice pour la somme de 6.000 écus dès 143 1. Hist, de la Maison de Cb., preuves, I, 152.

3. Tout le début de ce chapitre nous présente une rédaction très inspirée du texte de Motistrelet, t. IV, p. 271-273. — Les Français entrèrent à Montargis le 5 septembre 1427.

4. Sur Gautier de Brusac, capitaine d'Ecorcheurs. A Tuetey, Les Ecorcbeurs sous Charles VU, épisodes de l'histoire de la France au XV* siècle, d'après des documents inédits (Montbéliard, 1874, 2 vol. in-8) 1. 1.

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très vaillamment. Et ladicte Hire et sa bende entrèrent dedans Mon- ' targis : et fut tué des Anglois jusques au nombre de deux mille. Et ce voyans leur malle advanture se mirent en deux bendes, dont Tune s'en alla à Nemours , et l'autre au Chasteau Landon , qui tenoient leur party.

Et ladicte Hyre demeura audit Montargis à faire bonne chière. Et aucuns Anglois appelloient icelle Hire « Gente Hire de Dieu, Saincte Hyre de Dieu, Madame La Hire ^ ». Car icelle Hyre, par plusieurs et diverses foys, leur faisôit plusieurs et maulvaises rencontres, dont lesditz Angloys avoient peu de gaing *. Et après ledit cappitaine de la Hire s'en retourna devers le roy qui luy fist très bonne chière.

Comment les Angloys furent desconfitz au siège d^ Orléans où estaient messire Jaques de Chabannes et autres capitaines (f. 276).

i4a8. En l'an mil CCCCXXVIIJ fut mys par les Angloys le

siège devant la ville d'Orléans : et vous devez sçavoîr que à l'aide de Jehanne la Pucelle et du conte Dunois et plusieurs autres capitaines, entre lesquelz estoit messire Jaques de Chabannes, fut levé ^. Et furent la plus grant part desditz

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