Aube
5. Alexandre, bâtard de Bourbon, Tun des plus féroces routiers du xv* siècle, frère du duc de Bourbon : il figurait en 1437 ^^"^ ^^ prise d*armes de Rodrigue de Villandrando : en 1459 ^^ faisait ses offres de service au duc de Bourgogne et en 1440 il avait pris une part active à la Praguerie. Voir sur ce personnage, E. Cosneau. Le Connétable de Richemont, p. 314 et A. Tuetey. Les Ecorcbetirs, t. I, p. 76-77. Cf. également la lettre de Jean d'Esch, au magistrat de Strasbourg, à la date du 20 fév. 1441. AA 178.
CRONIQjUE MARTINIANE 47
Anthoyne de Chabannes, conte de Dampmartin, qui par long temps s'estoit tenu en sa compaignie aussi avecques ledit bastard, [aujquel * le roy avoit mandé aller par devers luy comme ledit bastard 2, préçogitant le dangier de sa personne, n y voulut point aller et conseilla audit bastard ne aller point devers le roy : lequel ne le voulut croire. Si advint que le conte de Richemont se mist sur les champs à tout cinquante lances pour corriger les maulx que les capitaines routiers et leurs gens a voient faitz. Et s'en alla logier en ung villaige en Barroys et manda ledit conte de Dampmartin aller vers luy : lequel y alla accompaigné de deux cens chevaulx, toutes gens d'eslite. Et lors qu'il arriva audit villaige le connestable estoit en unes fenestres et, faignant de monster bon visaige, dist audit conte de Dampmartin : « Capitaine, Dieu vous gard ! Si vous voulez venir devers le roy je feray qu'il vous fera bonne chière. » Et ledit conte luy respondit : « Mon Seigneur, je vous remercye. Je n'ay point envye de boire de l'eaue ! car le roy ne me fera jamais le tour qu'il a fait au bastard de Bourbon. Si vous avez vouloir autre chose me dire, s'il vous plaist, le me direz. » — Icelluy connestable voyant qu'il n'avoit gens assez pour le prendre lui dist : « Adieu, capitaine ! je vous prie, vivez sur le peuple le plus gracieusement que vous pourrez ! » Ce qu'il promist faire. Et devez sçavoir que ledit conte ne descendit oncques de dessus son cheval ne toute la bende qui estoit avec luy ^.
1. Le texte de Vérard donne lequel, leçon qui empêche de construire la phrase.